Archives pour la catégorie Non classé

PSYCHANALYSE YETU N°50

 

L’EVENTAIL DU SEXE

Sans doute, dans l’érotique de l’époque, est-on enclin à penser que seul le genre a un éventail, ce qui d’ailleurs, au regard du trinôme masculin, féminin, neutre, se révèle décevant. L, G, B, T,…n, certes enrichit la grammaire, mais la multiplication des genres, quel que soit l’intérêt des questions que pose une telle auberge espagnole, rate la raison qui fait qu’aucun alphabet n’est infini.
« Parions donc sur l’éventail du sexe, dont le nombre de pales est innombrable, ou du moins non dénombrable, non pas au regard du nombre finalement restreint des comportements qu’il permet, ou ne permet pas, qu’au regard de la singularité inépuisable du franchissement, effectif ou seulement rêvé, du seuil de la virginité, dont nul ne peut s’exempter. La portée de l’éventail, dans son aspiration de respiration, ne tient donc pas d’abord à l’extension de son arc, mais à la capacité de chacune de ses pales à incarner le biseautage de l’air par l’aiguisement d’une lame. Ce mouvement a deux bords : le premier implique la nomination de la dite lame, l’autre, que la nomination retienne son souffle pour mieux habiter l’air. »

Pierre Bruno

L’éventail du sexe

Pierre Bruno, L’art de la défloration 7

Corinne Fortier, La femme, ce troisième sexe. Défloration,
excision et sexuation

Fabienne Guillen, La gifle de Dora

Matilde Pelegrí, La demande « trans » d’un enfant

Christian Cazeneuve, Nouvelle école capitaliste, nouveau discours
sur la sexualité de l’enfant ?

Marie-Jean Sauret, La tresse contrariée de l’amour

Les cailloux de l’enfance

Laure Thibaudeau, Rosine Lefort, hier et aujourd’hui

Carole Riou, Maryse ou encore Maryse

Laure Djermag, L’ombilic du transfert – de ce pli primordial

La passe

Maria Triantafyllidou, Au commencement, la parole

Charles Nawawi, Passe et noeud borroméen

Thérèse Charrier, Mon nom est Personne

La liseuse

Marie-Jean Sauret, Éloge de la furtivité

Extérieurs

Entretien avec ORLAN

« Je suis ORLAN, entre autres et dans la mesure du possible »

y etu

PSYCHANALYSE YETU n°49

 

L’ARGENT

n°49

Argent

Pierre Bruno

Résumé : Marx a explicité la relation entre l’argent comme forme-valeur et la monnaie, telle qu’incarnée, entre autres, par le métal précieux.  Il a défini l’argent comme équivalent général et découvert le secret de la plus-value et le fétichisme de la marchandise. Freud a mis en évidence l’équation excrément=enfant=pénis=cadeau=argent, et construit une théorie du fétiche. Quant à Lacan, il a extrait le plus-de-jouir comme fondement de la plus-value.

Mots-clés : argent, monnaie, équivalent général, fétiche, plus-de-jouir

Un Vocabulaire de Marx et Lacan : boussole d’économie politique et libidinale, David Pavón-Cuéllar

Edgar Miguel Juárez-Salazar, Carlos Gómez Camarena et Christina Soto Van der Plas

Résumé : Un Vocabulaire des concepts avec lesquels Lacan lit Marx sera publié cette année en anglais. Ses entrées ont été écrites par une vingtaine d’auteurs de quatorze pays. Cet article justifie l’idée du Vocabulaire, rappelle son origine et son histoire, et aborde des questions telles que le rapport entre le marxisme et la psychanalyse lacanienne.

Mots-clés : Karl Marx, Jacques Lacan, marxisme, psychanalyse

Une psychanalyse sans argent ?

Rémi Brassié

Résumé : L’argent se pose parfois comme un problème pour la psychanalyse, sinon comme un obstacle. A le réduire à sa fonction d’équivalent général, on reste dans une impasse pour son traitement dans la cure analytique. Il s’agit donc d’en faire un problème de psychanalyse, à partir de quoi lui donner fonction réelle dans la cure. Alors, la question de savoir si une psychanalyse est possible sans argent devra se reformuler pour questionner la demande du psychanalyste.

Mots-clés : argent, demande, plus-de-jouir, plus-value, discours, psychanalyste

Peut-on s’acquitter de sa dette ? Une lecture de l’Homme aux rats

Anne-Sophie Guillen

Résumé : La dette symbolique concerne tout sujet pris dans les lois du langage, pour autant chacun doit prendre à sa charge cette dette et y apporter une réponse singulière. Le cas de l’homme aux rats nous enseigne sur les trouvailles d’un sujet, mais aussi sur ses impasses, tout en nous permettant de nous interroger sur l’universel de la structure.

Mots-clés : Homme aux rats, névrose obsessionnelle, dette, reproduction symptomatique

L’Homme aux loups et l’argent. Psychanalyse, y es-tu ? La tresse subjective d’un infortuné

Marie-Jean Sauret

Résumé : Avec la souscription dont l’Homme aux loups bénéficie à la suite de la perte de sa fortune, l’argent joue sa partie dans le transfert. S’il le rive à l’amour de Freud, il fournit un levier à Ruth Mac Brunswick pour sortir l’analysant de son moment psychotique.

Mots-clés : argent, Homme aux loups, moment psychotique, transfert, tresse subjective

Autour de la pièce qui brille et matérialise un regard

Clarisse Herrenschmidt

Résumé : Le problème posé est celui du lien entre la pièce de monnaie de métal brillant et la vue, le regard. Pour l’établir, il faut passer par l’histoire des signes écrits, l’invention de la monnaie frappée en Grèce ionienne vers 600 av. n. è., le culte d’Artémis à Éphèse et le mythe de cette déesse ombrageuse.

Mots-clés : géométrie, monnaie, électrum, image, Artémis, prix du sang

Partition des passions, au cœur du transfert

Véronique Sidoit

Résumé : L’amour, la haine et l’ignorance, ces trois passions sont inhérentes au transfert et se déplient au cours d’une analyse. L’auteur, dans un premier temps, vérifie les points d’ancrage et leur articulation dans la structure même du sujet pour, ensuite, questionner aussi bien les impasses liées à ces passions que leur devenir possible dans le lien social en fin de cure.

Mots‑clés : transfert, amour, haine, ignorance, passions, savoir, réaction thérapeutique négative, identification primordiale, père réel, l’être du sujet

L’objet vocal ou le rien radical. Pour un nouveau commencement de la psychanalyse

Christian Fierens

Résumé : L’éthique de la psychanalyse n’est rien d’autre que la promotion de l’éthique de l’inconscient. Celle-ci fonctionne spécifiquement selon le principe de jouissance. La jouissance elle-même ne trouve sa fonction qu’en commençant avec le réel du rien absolu ou de l’objet a entendu dans sa forme vocale.

Mots-clés : jouissance, éthique, voix, objet a, rien

Le transfert à la fin

Emmanuel Lehoux

Résumé : Les changements dans le transfert sont examinés au regard du devenir de l’identification primordiale et de ses effets sur l’amour dans le parcours d’une cure. Ce travail s’appuie sur d’une lecture du texte « Joyce le symptôme II »

Mots-clés : père, symptôme, yadl’un, lalangue, pulsion, transfert

Symptôme et sinthome 10ème partie. Lacan, 1967-197

Rédigé par Fabienne Guillen

Résumé :Du séminaire XV au séminaire XX, nous poursuivons la façon dont Lacan resserre la notion de symptôme autour d’un impossible de structure, mis en évidence par la logique. Il donne la formule de ce réel : « Il n’y a pas de rapport sexuel » qui puisse s’écrire. Cet impossible donne au symptôme cette fonction cruciale de venir répondre à cette absence radicale. Le séminaire XXI amorce le dernier tournant de Lacan qui va repenser le symptôme, et du coup la dynamique d’une psychanalyse, grâce à la topologie des nœuds borroméens.

Mots-clés : Symptôme, acte, plus-de-jouir, non-rapport sexuel, logique

Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait… la paresse !

Véronique Bonnet

Résumé : Deux candidats se proposent : il s’agit d’une élection à presque deux siècles d’intervalle. Les auteurs G. Flaubert et H. Klent posent les questions du pouvoir, du travail et de l’argent avec la même acuité mais une différence de perspective.

Mots-clés : candidat, fétichisme, Scrat, paresse

Du capitalisme sémantique aux NFT

Christophe Bruno

Résumé : Au travers de son expérience d’artiste, l’auteur évoque comment les utopies originelles du World Wide Web ont cédé la place au « capitalisme sémantique » instauré par Google au début des années 2000, puis à la folie destructrice des crypto-monnaies et des NFT.

Mot-clés : Google, net.art, capitalisme, sémantique, cryptomonnaie, NFT

Les numéros à venir

PSYCHANALYSE YETU n° 49 – L’ARGENT, mars 2022

L’homme aux rats nous offre une première vue, toujours pertinente, sur l’argent. Il est la merde à la place des yeux d’Anna Freud, ce que Freud interprète comme le vœu d’épouser sa fille non pour ses beaux yeux, mais pour de l’argent. Quant aux rats (Raten), grâce à leur homonymie avec l’acompte (Ratten), ils permettent à cet analysant d’espérer solder, avec une monnaie-rat, sa dette à l’endroit du père. Deux faces donc : le vœu incestueux du sexe avec Anna, mais amendé par une conjuration de cette transgression, dès lors que son motif n’est pas la libido, mais la soif d’argent. Chez Lacan, le mathème du discours capitaliste donne à lire une promesse qui retentit comme la phrase sinistre : Enrichissez-vous ! Telle est sans doute la supériorité du capitalisme. On ne trouve, ni dans le féodalisme, ni dans l’esclavagisme, une phrase du genre : Tous nobles ! Tous maîtres ! A partir de ces prémisses, plus rien n’interdit de peser l’argent, y compris dans la pratique analytique, à l’aune de sa valeur : usage ou échange. Ni non plus, puisque manifestement l’argent concurrence le sexe dans une conception cynique de l’ « éthique », de se demander si, à jamais, les centi-milliardaires vont écumer nos vies.

Pierre Bruno

PSYCHANALYSE YETU n° 50 – L’ÉVENTAIL DU SEXE, septembre 2022

Sans doute, dans l’érotique de l’époque, est-on enclin à penser que seul le genre a un éventail, ce qui d’ailleurs, au regard du trinôme masculin, féminin, neutre, se révèle décevant. L, G, B, T,…n, certes enrichit la grammaire, mais la multiplication des genres, quel que soit l’intérêt des questions que pose une telle auberge espagnole, rate la raison qui fait qu’aucun alphabet n’est infini. Parions donc sur l’éventail du sexe, dont le nombre de pales est innombrable, ou du moins non dénombrable, non pas au regard du nombre finalement restreint des comportements qu’il permet, ou ne permet pas, qu’au regard de la singularité inépuisable du franchissement, effectif ou seulement rêvé, du seuil de la virginité, dont nul ne peut s’exempter. La portée de l’éventail, dans son aspiration de respiration, ne tient donc pas d’abord à l’extension de son arc, mais à la capacité de chacune de ses pales à incarner le biseautage de l’air par l’aiguisement d’une lame. Ce mouvement a deux bords: le premier implique la nomination de la dite lame, l’autre, que la nomination retienne son souffle pour mieux habiter l’air.

Pierre Bruno

PSYCHANALYSE YETU n° 51 – L’ABYME DU POUVOIR, Mars 2023

L’équivoque Y-I ne se refuse pas. La mise en abyme indique que, aussi grande que soit la dernière poupée russe, celle qui enferme toutes les autres, elle n’est jamais satisfaisante, frustration (Versagung) que Lacan a définitivement inscrite dans le discours capitaliste, où la ronde folle du plus-de-jouir ne cesse de repasser du plus-de-jouir au sujet, sans jamais buter sur la grande barrière. Faute de conclusion, labyme se réverbère dans un faux infini. Quant au I de l’abîme, vêtu de son chapeau circonflexe, il fait signe au mieux, ou au pire, que cette course folle se termine soit dans la tombe de la défaite, soit dans les catacombes de l’histoire (on sait les noms).
De ce double destin, dans lequel la malédiction d’être né n’a jamais pu être surmontée, une analyse, ou autre, peut nous écarter, à la condition de servir une cause qui ne soit pas de s’en servir – ou s’en asservir.

Pierre Bruno

PSYCHANALYSE YETU n° 52 – SURMOI, MOI, ÇA, EGO, septembre 2023

On pourrait sous-titrer: Du rififi  dans la topique! Supposons un peuple qui ne verrait le monde que perché sur les épaules de ses voisins. Est-ce une allégorie du surmoi? Pourquoi pas, si on tient que le surmoi est un surplomb capable de donner du sens à tout et de créer pour chaque événement sa faute causale. En conséquence, il est l’ennemi mortel de la division du sujet entre savoir et vérité. Quant au moi, tricoté, détricoté, re-tricoté inlassablement  par Freud, il, oscille, chez les héritiers, entre une instance d’arbitrage et, à l’opposé, le lieu d’une refente.
Tout ça pour ça! Pourrait-on dire alors, pour évoquer cette instance,  implacable de naître pas-je, qu’elle congédie ironiquement la subjectivation? Reste l’ego, celui qui rectifie sans se décourager les nœuds ratés, telle une couturière cousant un habit de lumière, au risque d’enflammer l’arène.

Pierre Bruno

PSYCHANALYSE YETU n° 53 – DU RIRE, mars 2024

Qu’est-ce qui fait rire? Pas une blague mal racontée parce qu’incomprise. Le seul à rire, dans ce cas, serait  celui qui, ayant entendu cette même blague bien racontée, rit de celui qui la raconte mal. Ou encore, la vue de Charlot virevoltant, et perdant la manchette sur laquelle sont inscrites les paroles de la chanson qu’il n’a pas apprise par coeur. Stoppons la liste: c’est un inventaire-Prévert! Pour l’ordonner, on peut remarquer que, dans le premier exemple, l’énonciateur de la blague ( la première personne selon Freud dans Le mot d’esprit), se retrouve être la seconde personne, celle dont on rit, et que la troisième personne (Die dritte Person), seule, garde sa place, mais pour rire non de la blague, mais de la sottise du premier. Dans le deuxième exemple, il est de même aisé de repérer le comique, en tant qu’accident du phallus, tel que représenté par l’envol de la manchette-prépuce. Dans l’humour, maintenant, le grand surmoi « console » le petit moi, en l’allégeant des affects de souffrance auxquels telle situation l’aurait confronté. Ainsi, le condamné mené à la potence disant: « la semaine commence bien! » C’est pourquoi , à la différence du comique et du mot d’esprit il y a, dans l’humour, du « sublime », c’est à dire un dépassement des canons qui nous enferment dans une réaction affective sans recours. D’où une conclusion: Ne rit pas qui veut!

Pierre Bruno

PSYCHANALYSE N°39

Pulsion. Répétition. Wittgenstein. Barbara Low

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LE SAVOIR DU PSYCHANALYSTE
Pulsion (drive out). Pierre Bruno

Résumé

Ce texte propose une thèse sur l’articulation de la pulsion et du fantasme. Le montage de la pulsion  et la formation du fantasme impliquent l’habitat langagier. Ce n’est qu’au troisième temps de la pulsion qu’un sujet apparaît, dans le processus de l’aliénation, mais pour aussitôt disparaître. La surimpression de l’aliénation sur le montage de la pulsion est la clé de l’assujettissement par le fantasme et reste commandée, dans toutes les modalités de la séparation, par le désir du père et non par sa jouissance.

Mots-clés : pulsion, fantasme, aliénation-séparation, désir du père.

Destins et filiation. Catherine Bruno

Résumé

Cet article interroge la fonction de l’objet voix dans la nomination et « la fonction réelle du père dans la génération » (Jacques Lacan), pour distinguer le père du nom du père du désir. L’auteure s’appuie sur le film Taxidermie, organisé en triptyque par le cinéaste hongrois György Pálfi. Il y raconte la destinée des hommes d’une même famille, sur 3 générations, à un instant «t» de leur vie, dans une petite ville de Hongrie au XXème siècle, destinées liées aux figures de la pulsion mises en scènes : orale, anale, scopique et invocante.

Mots-clés : Filiation, père du nom, père du désir, mère incertaine, pulsion, objet voix.

Comment enseigner ce que la psychanalyse nous enseigne ? María Antonieta Izaguirre

Résumé

L’auteur interroge la façon dont s’opère la transmission de la psychanalyse à travers la passe ou les grands cas cliniques. Si Freud a produit une nouvelle forme narrative après les transformations culturelles liées à première guerre mondiale, Lacan a imposé un style propice à la transmission. Ce qui se transmet d’un cas est le témoignage du reste réel de l’expérience.

Mots-clés : construction narrative, style, transmission, enseignement, réel.

D’un savoir qui ne se saisit pas ? Elisa dos Mares Guia-Menéndez

Résumé

Dans le champ de la psychanalyse le féminin ne se réduit pas au savoir sur la femme, chercher à le définir correspondrait à contredire ce qu’il a de plus particulière, sa capacité de se réinventer à chaque fois. Or, la recherche de la vérité doit aussi laisser la place à l’énigme. Le mouvement de Freud ainsi que l’enseignement de Lacan nous apprend beaucoup à ce sujet, et nous sert aussi comme un sort de boussole pour penser ce point si particulier qui est celle du savoir dans la psychanalyse.

Mots-clés : féminin, féminité, idéal, énigme, savoir.

La différence dans le sexe, ou le « sans alibi » Sophie Mendelsohn

Résumé

La différence des sexes est une pierre d’angle de la condition symbolique telle que l’envisage la psychanalyse, et l’enjeu d’une querelle intense dans la culture, où elle fait régulièrement l’objet de démentis stratégiques. Elle se présente plutôt ici comme un alibi qui permet au sujet de l’inconscient de continuer à ignorer une autre différence, à la cruauté mordante, celle qui traverse le sexe lui-même.

Mots-clés : sexe, différence, symbolique, alibi, cruauté.

LA THÉORIE
La catégorie du semblant et l’acte analytique. Dimitris Sakellariou

Résumé

Une psychanalyse consiste pour un sujet à réinventer des modalités lui permettant de loger son être de jouissance dans un lien social nouveau lui rendant possible d’habiter le monde. Or le réel de la Jouissance ne s’attrape que par le semblant phallique bien insuffisant à dire la différence, et rendre possible le rapport sexuel qui ne peut s’écrire, et à quoi supplée le symptôme. Reste l’objet α que l’analyste doit élever à la dignité du semblant d’être dans le transfert. Il n’y parvient que dans la mesure où il arrive par l’effet son acte à accoucher de cet objet en en faisant sa marque de fabrique.

Mots-clés : Acte analytique, amour, Autre, castration, Discours (lien social), Discours Capitaliste, Jouissance, Jouissance de l’Un, Jouissance du corps de l’Autre, Phallus (Φ, (-φ)) Rapport sexuel, Réel, Semblant, Sinthome, suppléance, Symptôme, Vérité.

LA STRUCTURE
La répétition chez Freud (2e partie). Karin Adler

Résumé

Ce texte est la suite de celui intitulé « La répétition de Freud ». Il traite de la conceptualisation Freudienne du masochisme premier et de sa nouvelle appréciation du principe de Nirvana suite à l’introduction du concept de la pulsion de mort déduit de sa découverte de la compulsion de répétition. Celle-ci est premièrement précisée dans sa fonction de défense de l’inconscient qui ne provient pas du moi. Deuxièmement, Freud lui attribue d’une part le processus de fixation pulsionnelle au refoulement et par ailleurs la conservation de la situation d’un danger qui n’est plus actuel.

Mots-clés : Pulsion de mort, compulsion de répétition, masochisme premier, principe de Nirvana.

EXTERIEURS
De la grammaire analytique (Wittgenstein et Lacan). Guy Félix Duportail

Résumé

L’objectif de cet article est de montrer que la critique de l’idée de métalangage n’est pas le seul point commun entre Wittgenstein et Lacan. La notion de grammaire – au sens du second Wittgenstein – constitue également un point décisif dans la relation conceptuelle qui unit Lacan à Wittgenstein. La grammaire mathématique des propositions empiriques, telle qu’elle est exposée dans les Remarques sur les fondements des mathématiques, éclaire le statut des mathèmes en psychanalyse. Les mathèmes sont alors considérés comme des règles de grammaire qui conditionnent ce que l’on peut dire avec sens de la clinique. Enfin, l’approche grammaticale permet de comprendre pourquoi les propositions analytiques ne parlent pas de l’Être, mais de l’Un, entendu comme noyau élémentaire de la réalité psychique.

Mots-clés : grammaire, proposition, mathème, sens, réel, hénologie.

Anamorphose. M’as-tu vu ? Faire parler les murs. Élisabeth Rigal

Résumé

La découverte de la grotte Chauvet (Gard) a provoqué une révolution dans la conception de l’Homo Sapiens et celle de l’apparition de l’art. Il s’agira d’interroger les représentations à l’œuvre qui dépassent la figuration. La façon dont l’objet regard est visé introduit-elle le rapport entre les sexes ?

Mots-clés : Anamorphose, regard, Chauvet, Homo sapiens, transmission.

 LES INTROUVABLES
Refoulements. Barbara Low
Y ETU ?

Si tu mets ton oreille au tic-tac de
ton oreille tu entendras bien en
toi quelque chose qui n’est pas toi-même
et qui est un ou le démon.

Max Jacob, Le cornet à dés, Paris, Poésie/Gallimard, 1945, p. 56.

   Vous pouvez accéder aux articles de ce N° sur CAIRN

PSYCHANALYSE N°38

Malentendu tragique. Répétition. Danser. Amour. Insaisissable. a et ça

 

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HOMMAGE A ALAIN LACOMBE
Rêve et fantasme. Alain Lacombe

Résumé

Quel est le rapport entre le rêve et le fantasme et en quoi se différencient-ils dans leur lien au réel ?

Mots-clés : rêve, fantasme, désir, jouissance, corps, langage.

LE SAVOIR DU PSYCHANALYSTE
Ça n’est pas Lacan. Pierre Bruno

Résumé

« Il n’y a de cause qu’après l’émergence du désir », telle est la proposition centrale du séminaire interrompu de novembre 1963, de Lacan, intitulé Les noms du père. Critiquant le mythe freudien de Totem et tabou, Lacan tient qu’il n’y a de Dieu que comme désir.

Mots-clés : objet a, nomination, désir, noms-du-Père.

« Le livre de sable » de Borges : un Autre insaisissable. Dominique Corpelet

Résumé

Dans trois de ses contes, « La Bibliothèque totale », « La Bibliothèque de Babel » et « Le livre de sable », J. L. Borges effectue un parcours au terme duquel il peut énoncer que le savoir ne saurait se constituer en totalité close. Avec Russell et le paradoxe des ensembles, l’écrivain donne forme littéraire au mathème de A barré. Il rejoint Lacan qui, dans D’un Autre à l’autre, avec la logique ensembliste, démontre la topologie de A : il est affecté d’une faille.

Mots-clés : Russell, paradoxe des ensembles, incomplétude de l’Autre, savoir.

LA PASSE
Du trait à la lettre, du saut du lit à l’amour. Aïssa Bakir

Résumé

Trajectoire d’une passe, dans laquelle celle-ci aurait pu s’écrire au pluriel. Singulier du trait faisant signe et matière à la lettre. Le passage de l’analysant à l’analyste, mouvement qui se dépose dans la passe, et dont la musique peut se faire entendre comme un « finale » dans la cure qui se conclut. Tintamarre du trait qui, sans se lisser, se fait lyre et se fait lettre. Lettre qui, sans se forcer, se fait lettre d’amour.

Mots-clés : passe, lettre, invention, amour.

LA THÉORIE
Malentendu tragique. Entretien avec Francisco Pereña

Résumé

Au cœur de la condition de vivant du sujet, la pulsion inscrit dans le corps la place de l’Autre en tant qu’altération pulsionnelle, cet Autre étant identifié comme responsable de notre solitude et de notre dépendance. De là l’égarement du sujet, la confusion, l’angoisse et le désir de s’approprier cet Autre à travers le mensonge collectif de l’identité et de la servitude. Assumer la condition tragique de l’existence est un devoir éthique. C’est cela la question tragique : comment vivre sans savoir vivre. Le sujet ne coïncide pas avec le citoyen. L’histoire ne doit pas voiler ni récupérer par une psychologie de la performance et de l’adaptation la dimension symptomatique de la répétition en tant que mode particulier d’inscription de l’altération pulsionnelle en tant que défi de vivre.

Mots-clés : répétition, histoire, pulsion, dimension tragique, demande, caractère, symptôme. 

LA STRUCTURE
La répétition chez Freud. Karine Adler

Résumé

Le texte suit la trace du concept de la répétition chez Freud en rapport avec la remémoration et la résistance. Il décrit le chemin de l’évolution théorique pris à partir de l’observation clinique des névroses de guerre et des rêves traumatiques. La découverte de la compulsion de répétition permet à Freud l’ouverture vers l’au-delà du principe de plaisir et son développement de l’hypothèse de la pulsion de mort.

Mots-clés : répétition, compulsion de répétition, pulsion de mort.

PAS DE PORTE
Faire danse. Deborah Puccio-Den

Résumé

Combinant anthropologie et psychanalyse pour éclairer le rapport entre son vécu personnel et ses investissements intellectuels, l’auteur explore la perversion comme une modalité de l’action, individuelle et sociale, qui place le sujet dans une position particulière par rapport à son langage. Trois activités utilisant ce même ressort sont mises en parallèle : l’agir masqué dans les rites du carnaval, le crime mafieux et la danse.

Mots-clés : perversion, action, danse, crime, mascarade, mafia.

UNE RÉFÉRENCE DE LACAN
Dante Alighieri ou la poésie amoureuse. Étienne-Jean Delécluse
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-Dieu, ne juge pas ! Tu n’étais pas une femme, sur terre !

Marina Tsvetaïeva, L’offense lyrique et autres poèmes, trad. H. Deluy, Tours, Farrago, 2004

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PSYCHANALYSE N° 28

Rêver/Fantasmer

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septembre 2013 

LE SAVOIR DU PSYCHANALYSTE

Etre ou exister. Emmanuel Lehoux

Si la jouissance est la volonté du réel à se faire signifier ou la réponse à cette intention du réel, la construction pour chaque sujet de son rapport au langage est traitement de la jouissance. Cela vaut pour tout mode d’assujettissement au langage (névrose, psychose ou perversion). Le symptôme, s’originant du moi réel initial freudien, est ce sur quoi le sujet peut s’appuyer. Mais est-ce la seule voie d’existence ? Dans RSI, Lacan place dans les champs d’existence les jouissances mais aussi le ternaire freudien inhibition, symptôme, angoisse. Il y a donc une existence qui s’appuie sur l’être et pas sans jouissance. A la fin d’une analyse, la traversée du fantasme pour le névrosé ouvre vers l’identification au symptôme. Ceci n’est pas la même chose que de partir de son symptôme pour s’assurer de son existence dans la psychose où le Nom du Père est forclos. D’où le psychotique va-t-il alors pouvoir extraire son désir ?

Mots clefs : jouissance, symptôme, moi réel, objet a, existence

Juliette et la dialectique de la raison chez Adorno et Horkheimer. Karin Adler

Horkheimer et Adorno le disent avant Lacan: le formalisme de la loi morale kantienne avec son exigence d’obéir au devoir de l’apathie, peut de la même façon soutenir la vertu comme l’immoralité, le bien comme le mal. Cependant, selon Horkheimer et Adorno, le formalisme éthique conduit à la réduction de l’homme à un objet manipulable au service de la conservation du sujet. Pour Lacan dans son « Kant avec Sade » en revanche, c’est le bourreau qui se trouve à la place de l’objet.

Mots clefs : Kant, Sade, fantasme, perversion

Traversée du fantasme versus identification au symptôme. Dimitris Sakellariou

Le but de la psychanalyse pour Freud fut d’emblée le déchiffrage du sens (sexuel) chiffré du symptôme délivrant ainsi le message inconscient destiné au sujet (ich) d’où viendrait la guérison attendue. L’expérience analytique mettra en évidence un accrochage paradoxal au symptôme (le sujet ne veut céder sous aucun prétexte à la souffrance (angst). Cela conduira Freud à l’introduction de sa deuxième topique reconnaissant qu’il existe au delà du sens (Sinn) du symptôme une signification (bedeutung) ou plus précisément une référence (Frege), qui renvoie à un nouveau mode de satisfaction de la libido pulsionnelle en rapport avec un réel, dont la réaction thérapeutique négative pourrait constituer le paradigme dans la cure analytique….

Le fantasme dans le rêve. Alain Lacombe

Dans sa conférence N° 7 de l’introduction à la psychanalyse, Freud a cette phrase étonnante : “Avez-vous maintenant le courage d’aborder l’interprétation d’un rêve complet? Par l’analyse de ce rêve, Freud établit que la pulsion est le référent de la réalité psychique du désir, que le fantasme “subjective”.

Mots clefs : Rêve, fantasme, désir, pulsion.

Le retournement du fantasme, et après ? Martine Noël

Ce texte témoigne du parcours analytique de l’auteur, huit ans après l’expérience de la passe. . Il revient tout d’abord sur le retournement du fantasme, le dévoilement de l’objet cause du désir et ses effets cliniques. Il questionne le devenir du fantasme et de la pulsion après la passe. Il se conclut enfin avec des questions sur l’objet a et sur l’identification au symptôme comme suite logique de ce procès.

Mots clefs : passe, retournement du fantasme, pulsion orale, identification au symptôme

Qu’est-ce que rêver ? Pierre Bruno

Bien que cet article se compose et s’appuie d’une recension plutôt complète des références de Freud et de Lacan sur le rêve, références dont il souligne les évolutions, son ambition est décalée par rapport à celle de Freud, qui était de fonder une interprétation probante du rêve. Cet article en effet vise à se tenir au niveau d’une question sous-jacente : en quoi consiste l’activité de rêver? De ce décalage, il tente de s’orienter vers une solution quant à une difficulté restée sans réponse satisfaisante dans la psychanalyse, difficulté qui tourne autour du statut à donner au rêve traumatique et à la question de savoir si l’accomplissement de souhait y a sa part.

Mots-clés: rêve, interprétation, souhait, rêve traumatique.

LA PASSE

Accent tu es. Jacques Marblé

…Or, « ponctuer, c’est accentuer en lisant », comme il est précisé dans Esthétique de la ponctuation : n’est-ce pas ainsi que le désir de l’analyste, à situer pour moi entre signifiant vivant et présence réelle, peut trouver à se loger ? Un zeste d’amour, à condition de se méfier de l’amour du prochain, complétera la recette…

 THÉORIE

La fin du monde. John Holland

Cet article examine certains aspects de l’épistémologie du discours du maître et de sa mutation moderne, le discours capitaliste. La Weltanschauung, la « conception du monde », du maître se base sur l’exclusion du fantasme dans ce discours, exclusion qui établit la primauté du principe de réalité sur le savoir. Le discours capitaliste a la fonction de faire exister un tel monde, mais la forclusion de la castration le rend impossible. Une discussion des travaux de l’école de Chicago montre qu’au sein de ce discours, un tel monde ne cesse pas de ne pas s’écrire.

Mots clés : discours du maître, discours capitaliste, Weltanschauung, conception du monde, principe de réalité, forclusion de la castration, école de Chicago, Gary Becker, Luis Rayo

EN QUESTION(S)

Levinas et Lacan face à l’éclipse du christianisme. Guy Félix Duportail

Il s’agit dans ce texte de comprendre les œuvres de Levinas et de Lacan comme autant de tentatives de réponse à la question de l’éclipse du christianisme. Cette dernière expression désigne l’abandon de la morale objective ordinaire durant l’holocauste des juifs. Mots clés : père -meurtre – répétition -shoah – psychanalyse – intellectualité PAS DE PORTE Soir après soir à l’Abri de nuit d’Ajaccio. Stanislas Deliquiet Le quotidien d’un centre d’hébergement d’urgence pour les sans-abri est une expérience exigeante. L’Abri de nuit à Ajaccio est le lieu d’un bord, plus ou moins poreux, entre inclusion et exclusion sociale, même si exclu (du langage) nul ne l’est vraiment.

Mots clefs : Centre d’hébergement d’urgence, sans-abri, exclusion sociale.

EXTÉRIEURS

De l’« ab-sens » : Lacan et Wittgenstein. Élisabeth Rigal-Granel

Lacan a croisé Wittgenstein, mais il n’a connu que le Tractatus logico-philosophicus, et s’est attaché à ses seuls aspects logiques. Ma contribution poursuit un double objectif : déterminer les attendus du débat que Lacan a engagé avec Wittgenstein sur la question du métalangage ; et établir que l’ineffable wittgensteinien n’est pas stricto sensu un ineffable au sens propre et qu’il présente certaines analogies avec l’« ab-sens » dont parle Lacan dans L’étourdit.

Mots clefs : logique, métalangage, ineffable.

UNE PSYCHANALYSE ?

Un lien qui libère. Véronique Sidoit

Parler de liberté n’est pas chose aisée en psychanalyse, mais c’est pourtant une notion qui est au cœur même de la cure analytique. Un sentiment inédit de liberté s’éprouve lorsque celle-ci est menée à son terme. Il est donc nécessaire de la définir : d’une part, la liberté du sujet de l’inconscient découle de liens préalables, celui du transfert et celui de l’association libre, d’autre part elle touche à ce qui constitue le sujet, c’est-à-dire au langage et au rapport à l’Autre.

Mots-clefs : Liberté, transfert, association libre, sujet de l’inconscient, savoir insu, vérité, jouissance, Autre, langage, lalangue.

Y ETU ?

Theatre should be a taxing experience : the greatest achievement of a writer is to produce a character who creates anxiety.

« Le théâtre doit être une expérience éprouvante : la plus grande réussite d’un écrivain est de créer un personnage qui suscite de l’angoisse. »

Howard Barker .« I don’t care if you listen or not », The Guardian, 1er octobre 2012

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PSYCHANALYSE N° 27.

Les déclinaisons de l’objet a 

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  mai 2013

LE SAVOIR DU PSYCHANALYSTE 

K.A.S . Pierre Bruno

L’objet de ce texte est d’extraire les acquis essentiels de l’article de Lacan « Kant avec Sade » et d’en proposer une lecture qui précise et développe les deux versants du fantasme, statique et dynamique.

Mots clefs : fantasme, objet a, sadisme, kant, Sade.

L’interprétation de l’inconscient. Nicolas Guérin 

Le travail du travail du rêve qui consiste, avec Lacan, dans le passage d’une jouissance à l’inconscient peut être considéré comme une interprétation au sens où l’inconscient interprète et où son interprétation est le rêve. Cette thèse réinterroge non seulement ce qu’est le rêve mais aussi ce qu’est une interprétation et comment s’articulent l’interprétation de l’inconscient et l’interprétation psychanalytique.

Mots clefs :  interprétation, rêve, sens, réel.

Hilda Doolittle : écriture sur le mur. Du symptôme hallucinatoire au sinthome artistique. Michael Meyer zum Wischen 

En 1933 l’écrivaine américaine Hilda Doolittle commença son analyse chez Sigmund Freud à Vienne. Cette cure fut orientée par un événement hallucinatoire vécut en 1920 à Corfou. Il s’agissait d’une écriture sur un mur que Freud fît  lire après coup à son analysante comme un poème. Hilda Doolittle pu alors s’identifier à son écriture poétique : son sinthome.  Au centre de cette écriture se trouvait la lettre S qui fonctionna comme nouage de trois registres R, S, I  pour H.D dont nous examinons les cordonnées. Une lettre isolée permit à Hilda Doolittle de lier les dimensions de la religion, de l’art et de la science présentes dans sa famille mais restées sans nouage pour elle jusqu’à sa cure analytique.

Mots clefs: sinthome, traitement de la  psychose, Freud , Hilda Doolittle

LE CAS 

 Un accident de transfert. Michel Mesclier 

Est-il possible qu’un cas de clinique  contredise la théorie psychanalytique ? Cette question suppose que la psychanalyse entre dans la catégorie des disciplines poppériennes soit qu’elle puisse être réfutable. Nous démontrons dans cet article qu’un tel critère ne peut pas être pertinent.  Cependant, le cas d’une enfant épileptique et psychotique met en défaut la théorie du transfert fondé sur l’analyste en place de semblant. Un évènement réel provoqué dans le corps du praticien par un acting-in du sujet conteste énigmatiquement cette thèse.

Mots clefs : réfutation, épistémologie, transfert, semblant d’objet a, holophrase, paranoïa, surface de Boy.

L’ASSOCIATION

La république de Joyce. Ramon Menendez. 

Dans la communauté analytique, la fonction du symptôme dans la construction du lien social a été largement travaillée. Le thème central de l’article cherche à ouvrir la réflexion autour de l’apport fait par Lacan dans la dernière partie de son enseignement en ce qui concerne la fonction du sinthome dans la logique collective. Après un bref parcours historique, nous abordons la dimension du réel qu’ introduit la solution joycienne, son sinthome, et les effets que celle-ci peut avoir dans la construction du collectif. C’est un exemple parmi d’autres de ce que Lacan appelle la République et qu’un jour il voudrait voir surgir dans la communauté analytique.

Mots clés : logique collective, réel, sinthome, République, psychanalystes, Joyce.

« a »

 C’est pas ç’a

LA LETTRE 

D’une écriture infinie : Kerouac en-Joyce the road.Florence Briolais et Michel Mesclier  

L’œuvre de James  Joyce fut pour Jack Kerouac à la fois une référence et une source d’inspiration. Serait‐ce par analogie de structure, du fait d’un nouage subjectif fautif d’un lapsus ?Dans cet article sera montré que ce nouage est comparable à celui que Lacan problématisa chez Joyce : un imaginaire désarrimé de l’articulation Symbolique –Réel.

Mots clefs : lalangue, schizophrénie, double, suppléance, nodologie, épiphanie, sinthome. 

PAS DE PORTE 

 La poupée mise à nu par ses célibataires. Christian Fierens 

La « poupée » tient lieu d’objet de satisfaction procuré par une science toute-puissante. Mais elle est sans voix et sans désir. Le problème serait de pouvoir lui greffer la dimension de la parole et avec elle du désir. Cette greffe n’est pas possible en raison de l’incompatibilité de l’objet cause du désir avec l’objet satisfaisant. Le concept oxymorique des « poupées qui parlent » est introduit par Jacques Nassif par la lecture d’une série de grands écrivains. Il permet de penser la division du sujet à nouveaux frais; il éclaire le processus de l’analyse, l’objet a, la fonction et la fiction du phallus, la place du transfert et de la voix.

Mots clefs : voix, phallus, fantôme, golem, mandragore, transfert, mort. 

« Tombé hors du temps ». Laurence Poutet 

Comment faire face à la perte incommensurable d’un être cher ? Comment retrouver le chemin de la vie sans se  trahir ni trahir l’amour ?  Tombé hors du temps, ce chant d’espoir  funèbre est la réponse singulière de l’écrivain David Grossman.

Mots clefs : deuil, perte, écriture

EXTÉRIEURS 

Un temps si humain. Charles Casanova 

En Sciences humaines, depuis l’antiquité,  le « temps » est questionné :  substance ou relation? « cours du temps », » flèche du temps« , est-ce pareil? Le « temps », signe de notre présence au monde ?

En Sciences physiques, la notion de temps évolue : l’espace et le temps sont absolus avec Newton ; relatifs avec Einstein et la géométrie de l’Espace-Temps ; avec la Mécanique quantique consacrée à l’étude du « monde » sub-atomique, la variable temps devient non nécessaire et dans l’étude de systèmes macroscopiques constitués d’un nombre immense d’éléments sub-atomiques, naît  l’hypothèse de l’émergence d’un « temps thermique », ceci en liaison avec l’irréversibilité des phénomènes naturels. On retrouve, là, l’humain: « phénomène » vivant et conscient de son irréversibilité !

Mots clefs :    temps  et espace absolus ;     espace et temps relatifs ;  variable temps inutile ; mécanique quantique.  temps thermique. 

UNE PSYCHANALYSE ?

Sortir de la débilité…Marie-Jean Sauret 

Est-il possible de faire un autre usage que débile du savoir si le discours analytique n’existe pas ? Sans doute la cure, rectification subjective aidant, permet à l’analysant de « lire entre les lignes » ce qui ne saurait que s’y mi-dire. Encore faut-il que l’analyste se prête au jeu et s’efface derrière le bout de réel avec lequel le sujet a rendez-vous. Fin de la débilité ? Pas encore : il semble qu’il faille encore s’expliquer sur cette découverte et que quelques autres consentent à écouter. Le dispositif de la passe semble prendre acte de ce simple fait : on ne sort pas de la débilité tout seul.

Mots clefs : débilité, discours, Ecole, logique collective, savoir, transmission.

Y ETU ?

Objet a (psych.) : laisse bouche b.

F. Matton et M. Potte-Bonneville, Dictionnerfs, éditions Le bleu du ciel, 2012.

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PSYCHANALYSE N°26

Le savoir du psychanalyste :

logique collective ; de la jouissance à l’inconscient ; fins de cure.     

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  janvier 2013

 LE SAVOIR DU PSYCHANALYSTE 

Malédiction (Sur le fétichisme).Anne Le Bihan.

Le fétichisme, paradigme de la perversion pour Freud, a eu une valeur euristique particulière pour la psychanalyse. Il n’est pas seulement réponse, mais aussi exercice d’une question ; le sujet pervers n’est pas sans symptôme. Le sujet fétichiste se soutient d’un désir « glorieux », c’est-à-dire instable, précaire, toujours menacé de choir. Le rapport de l’écrivain André Gide à la lettre et aux Lettres, étudié par Lacan, est ici à nouveau interrogé ; il apporte une contribution supplémentaire à l’étude du fétichisme.

Mots clefs : perversion, fétichisme, phallus, désir, lettre

Passeurs de mémoires. Véronique Sidoit. 

En quoi l’art peut-il faire mémoire et permettre la réappropriation du passé ? Comment art et mémoire peuvent-ils s’articuler pour faire œuvre de réhumanisation ? Pour traiter ces questions, nous nous appuierons sur l’histoire du Cambodge sous le régime des Khmers rouges. Attaques contre la langue, désubjectivation et démétaphorisation des signifiants, du discours, aliénation à de nouveaux mots sont des leviers utilisés dans le processus de déshumanisation. L’art, la création participent du traitement de l’indicible, de l’irreprésentable, permettant l’expression d’un espace subjectif à même de lutter contre l’effacement et de faire nouage entre mémoire individuelle et mémoire collective.

Mots clefs : Cambodge, réel, déshumanisation, désubjectivation, art, création, mémoire 

THÉORIE 

L’instance de la lettre pour l’Homme aux loups. Éric Bordas. 

Le rêve d’une Wespe et un lapsus, Espe, rapporté par l’Homme aux loups dans sa cure avec S. Freud, nous permettent, en nous référant à l’instance de la lettre de Jacques Lacan, de lire ce lapsus, à partir de l’élision de la lettre W, comme le chiffrage de ce que l’Homme aux loups n’a pu reconnaître dans son analyse.

Mots clefs : lettre, chiffrer, translitérer, Wespe, Wolf Man

Le père et la censure dans un rêve absurde de Freud.De quel père s’agit-il ? Panos Papathéodorou.

Dans toute la Traumdeutung, Freud traite la déformation du rêve en termes d’un Wunsch censuré. L’analyse de ce rêve particulier a le mérite de nous enseigner sur une autre dimension de la censure qui de plus excède sa fonction habituelle. L’apparition du père mort dans le contenu manifeste de ce rêve de Freud est un faux semblant qui a partie lié au défaut du père et à sa jouissance. Il s’agit d’un interdit qui porte sur le savoir et le sexuel.

Mots clefs : censure, père réel, savoir, défaut du père, sexuel, transfert, symptôme, fantasme 

ASSISES II 

La logique collective. Mettre à l’épreuve l’intransmissibilité de la psychanalyse. 

Les « Assises II du savoir du psychanalyste » comportent un volet « Logique collective ». Les organisateurs ont fait le choix de travailler plus particulièrement la question de l’intransmissibilité de la psychanalyse. Nous présentons ici l’interview réalisée avec Annie Castille et Nancy Katan-Barwell, organisatrices de cette partie.

Mots clefs : assises, psychanalyse, logique collective, intransmissibilité, savoir

De la jouissance à l’inconscient. « Un sacré déplacement ». 

Cet axe des Assises II sur « Le savoir du psychanalyste » se propose de déplier les conséquences de cette phrase de Lacan à propos du rêve : « Faire passer la jouissance à l’inconscient, c’est-à-dire à la comptabilité, c’est en effet un sacré déplacement. »

Mots clefs : jouissance, inconscient, rêve, Nom-du-Père, symptôme, sinthome 

Fins de cure. Faut que ça se finisse ! 

Cet axe, qui fait suite au travail sur la passe dans les Assises I, pose qu’il n’y a pas de fin de cure type. S’agit-il de sortie ? De fin ? De conclusion ? Toutes interrogent la question du transfert et ce qu’il en advient à ce qui fait terme de son analyse pour un sujet. Il s’agit pour lui de toucher au réel qui l’inscrit dans sa singularité, dans le monde, et qu’il éprouve au plus intime de sa position.

Mots clefs : sortie, fin, conclusion, transfert, amour, réel, singularité

LA LETTRE 

Le renom de l’artiste. Sylvianne Cordonnier. 

Le roman Madame Bovary nous éclaire, il y suffit de sa première page, sur l’acte de nomination. L’évènement d’écriture nouveau, broderie qui fait nœud sur un parement, est indissociable de l’avènement de l’artiste dans un renouvellement de l’acte dont s’origine le sujet. Le nom sinthomatique fait trace de ce nœud et l’effet d’accueil à l’œuvre doit authentifier un sujet de l’énonciation accordé à ce nom. D’être « pohète », Gustave Flaubert introduit une différence décisive entre la versification et la poésie telle que la définira Jacques Lacan et acquiert ainsi sa renommée.

Mots clefs : écriture, nomination, nom de sinthome

EN QUESTION(S) 

L’époque et le sujet. Regnier Pirard

Nous cherchons à préciser les conditions requises pour pouvoir penser, et non seulement décrire, les changements observables dans la clinique contemporaine. Nous tentons de surmonter la dichotomie de la structure et du phénomène, où le débat entre certains lacaniens semble s’être enlisé. Une conception dialectique du processus de subjectivation est ici mise en œuvre, selon laquelle le sujet est une contradiction productive, qui révèle sa profonde historicité. Nous terminons en esquissant dans cette perspective une lecture des discours selon Lacan.

Mots clefs : sujet, subjectivité, dialectique, discours

L’articulation du singulier et du « vivre ensemble », encore…Entre orthodoxie et hérésie, « l’humus humain ». Marie-Jean Sauret. 

Nous proposons de situer l’article de Régnier Pirard dans le cadre de la discussion sur la dimension historique ou non de l’articulation du sujet et du lien social. Névrosés, psychotiques et pervers contemporains témoignent après tout d’une « adaptation » non pas transhistorique mais prenant appui sur les caractéristiques de notre « vivre ensemble ». Et nous considérons comme « humusien » non pas ceux qui soutiennent cette position, mais ceux qui contribuent au débat autour du réel qui divise les uns et les autres.

Mots clefs : dispositif, hérésie, histoire, lien social, « humus humain » 

UNE PSYCHANALYSE ?

Une psychanalyse est une rencontre d’amour. Sabine Callegari. 

Qu’est-ce qui, du côté de l’analyste, répond à l’amour de transfert qu’engage un analysant dans la cure ? On peut parler de l’amour de l’analyste, mais pas en tant que « contre-transfert », qui serait duel et symétrique au transfert : en tant que lien d’abnégation dont l’écart avec un lien d’ordre amoureux est maintenu par le désir de l’analyste.

Mots clefs : amour de transfert, contre-transfert, amour de l’analyste, désir de l’analyste

 Y ETU ?

L’oubli de la source trouble

toute l’eau de la source.

 Gabriel Okoundji.


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PSYCHANALYSE N°25

Paroles imposées, catharsis, logique collective, décoinçage

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 septembre 2012

LE SAVOIR DU PSYCHANALYSTE 

Le sourire d’une femme. Une cure et sa conclusion. Marie-Claire Terrier.

« Je suis comme mon père, je n’ai pas eu de mère », énoncé que je m’entends dire dans la question que me pose alors l’analyste, « vous n’avez pas eu de mère ? », ce dès la première ou deuxième séance. Aujourd’hui encore je n’en reviens pas de l’avoir dit. Mais où donc ai-je été cherché ça, qui est un pur mensonge et que j’énonce là avec conviction, comme une vérité ? Ce sera le fil rouge tout au long de mon analyse jusqu’à ce que je le coupe. Dire particulièrement énigmatique où, à cet instant, à mon insu, un savoir que je ne sais pas me présentifie l’objet a que je suis dans mon fantasme, une enfant qui n’a pas eu de mère…

Paroles imposées. Bibiana Morales

La leçon du séminaire Le sinthome du mardi 17 février 1976 est dédiée à la question des paroles imposées, à partir de l’enseignement d’une des présentations de malades. Le vendredi 13 février 1976 eut lieu la présentation qui a permis à Lacan de parler des paroles imposées, dans le cadre du séminaire sur Joyce. Il s’agit donc d’un enseignement qui nous apprend la manière dont Lacan se laissait enseigner par le sujet. Lacan met en rapport cette présentation et ce séminaire sur Joyce sous la forme d’une suite logique entre l’une et l’autre…

La catharsis : une pérégrination consentie. Patricia León

La mise en place de la réalité de l »inconscient par le théâtre est une expérience de dévoilement. Le théâtre, au-delà d’un message à déchiffrer, nous fait vivre par une décantation de plans, par un détournement inscrit dans la forme qui lui est propre, la confrontation avec l’énigme de notre désir. Franchir cette limite pour toucher ce point où le désir se révèle comme réponse aux limites que le réel impose au sens, c’est traverser la zone de l’entre deux morts et cerner l’éthique de la psychanalyse.

Mots-clés : Catharsis, dévoilement, entre deux, désir, errance

LA PASSE

Quelques questions à partir de l’expérience de passeur à l’APJL. Bénédicte d’Yvoire

Pour entendre le témoignage du passant, il est nécessaire de mettre en veilleuse sa subjectivité. Mais faire l’expérience d’être passeur eut des effets subjectifs importants. Il ne m’a donc pas été très facile de trouver le registre juste pour en rendre compte. Je m’intéresserai d’abord à la fonction de la passe, ensuite à certains de ses effets…

LA LOGIQUE COLLECTIVE

Logique : du subjectif au collectif ? Élisabeth Rigal  

L’Association de psychanalyse Jacques Lacan a inscrit « la logique collective » comme un des thèmes de ses prochaines assises sur le savoir du psychanalyste. Je pose l’hypothèse en me référant à Jacques Lacan que le collectif n’est pas le groupe. Le groupe a fait l’objet d’un certain nombre de travaux, il est décrit dans ses caractéristiques, son fonctionnement, ses effets. Dans « Le temps logique et l’assertion de certitude anticipée 1 », Jacques Lacan mentionne pour la première fois (1945) l’expression de logique collective. Ce texte montre d’évidence qu’il situe la question du collectif comme primordiale par rapport à celle du groupe…

Logique collective ? Un rapport véridique au réel. Thérèse Charrier

Qu’est-ce qu’on entend par logique collective ? L’utilisation de cette référence à Lacan devenant confuse pour moi, je suis retournée aux textes. L’expression « logique collective » n’apparaît que deux fois dans son œuvre, dans deux textes publiés dans l’après-guerre …

Logique collective et fonctionnement. Brigitte Gallot-Lavallée

Pour traiter la question de la logique collective, je proposerai de reconsidérer encore et encore le fonctionnement et de retenir au titre de fonctionnement les trois inventions actuelles de la psychanalyse – et seulement elles : la cure, la passe et le cartel ; à l’exclusion donc de l’association, des séminaires et autres assemblées. Si je ne retiens que ces trois, c’est à partir de l’interprétation que je fais du fameux énoncé de Lacan, en tant qu’il est prononcé dans le temps de la dissolution, dans le temps de l’acte, dans le temps où il se sépare des personnes, mais où il est prêt à reprendre du fonctionnement avec ceux qui le voudront : « Je n’attends rien des personnes et quelque chose du fonctionnement » ….

Ou l’incomplétude, ou l’inconsistance. Jacques Podlejski

L’histoire du mouvement analytique, depuis l’excommunication de Lacan puis la dissolution de son école, m’a souvent fait penser à l’histoire politique des Balkans et à l’éclatement récent de la Fédération yougoslave, avec ses épurations et ses sécessions, dans une analogie où mobilisation transférentielle et revendication de légitimité doctrinale tiendraient lieu de référence linguistique, ethnique ou religieuse. Mais c’est une nouvelle, tombée au début du mois de décembre 2011, qui m’y a ramené. En effet, un important accord diplomatique a été alors conclu sous l’égide de l’Union européenne entre Serbes et Kosovars. Aux termes de cet accord, il est convenu que des représentants des deux parties géreront ensemble les points de passage entre leurs territoires respectifs. Le point d’achoppement tenait au fait que, la Serbie ne reconnaissant pas le Kosovo comme entité indépendante, elle ne peut pas non plus reconnaître l’existence de frontières avec des territoires qu’elle considère internes à elle-même…..

THÉORIE

Contiguïté des jouissances et travail de l’inconscient. Nicolas Guérin.

Je compte aujourd’hui organiser un ensemble d’interrogations et de remarques centrées sur la première question de l’argument rédigé par Pierre Bruno, Sophie Duportail et Laure Thibaudeau et diffusé sur les listes électroniques de l’APJL le 6 décembre 2011 : y a-t-il une jouissance primaire en deçà de la jouissance phallique ? Je me suis d’emblée demandé d’où venait cette question. Pourquoi est-elle posée (elle n’était pas mentionnée lors de la préparation des Assises I) ? Mais aussi quelles en sont les conséquences cliniques et pratiques ? Je laisserai pour le moment en suspens ce dernier point sur la clinique et la pratique. Cette question donc sur le rapport entre une jouissance phallique et une jouissance non phallique se noue à d’autres problématiques citées dans l’argument susdit, comme celle du rapport de subordination ou la disparité entre le sinthome et le Nom -du- Père, ou encore ….

La douleur dénomme. Jacques Marblé

« Comme l’a dit un philosophe pour lequel j’ai le plus grand respect, la terminologie est le moment poétique de la pensée 1. » Agamben exprime ainsi son admiration pour un philosophe inconnu et pour la terminologie. Ensemble des termes propres à une science, la terminologie est proche de la nomination, qui consiste à donner un nom : elle lui succède en l’occurrence quand il s’agit de faire corpus scientifique. La psychanalyse en tant que nouvelle science a inventé ses noms avant de constituer sa terminologie. La douleur remet particulièrement en question cette articulation, elle l’actualise même au cas par cas lorsque chaque douleur physique oblige le sujet qui en souffre à inventer …

QUESTION(S)

Secousses passionnelles sur les rives du sevrage maternel.Luminitza Claude pierre Tigirlas

Trois lettres de son prénom en plus d’un gène isolé de son sang et voilà qu’Eduardo Kac expose son œuvre – sa progéniture ou son double végétal ? – qu’il appelle Edunia. Le gène de l’artiste américain du bio-art produit une protéine exclusivement dans le réseau veineux d’un pétunia qu’il a subvertie afin d’obtenir une nouvelle forme de vie. Quels mots accompagnent le geste d’Eduardo Kac de concevoir un être qu’on dirait à la fois fleur et humain ? Quelle serait sa portée symbolique ? L’association courante entre la recherche par génie génétique et la monstruosité l’amène à mettre en exergue le fait que certaines séquences du génome humain proviennent de virus ou de bactéries. Conclure que l’homme est transgénique autorise Eduardo Kac à affirmer que « les monstres, c’est nous ». Il prône aussi une poésie hors métaphore….

UNE PSYCHANALYSE ?

Une psychanalyse n’est pas un autoportrait. Isabelle Morin

Une psychanalyse est possible quand l’analysant ne dit plus à son analyste comment il se voit, ni comment il imagine qu’on le voit : « Je suis comme ci » ou « je suis comme ça », ou encore « on dit que je suis comme ceci ou comme cela ». On entend certains analysants annoncer comme programme à leur début « je veux être en accord avec moi-même » ou « je veux être moi ». Pour ne pas les décourager d’emblée, nous nous abstenons parfois de leur faire remarquer qu’être en accord avec « moi-même » est impossible parce que je ne suis pas moi. Le processus analytique nécessite que l’analysant repère qu’il n’est pas celui qu’il croyait être, qu’il n’est pas non plus celui dont il parle parce qu’il y a ….

EXTÉRIEURS

Décoinçage. Pierre Bruno 

Il est peu probable que la psychanalyse soit élastique au point de fournir le scaphandre qui conviendrait pour protéger la civilisation (Kultur dans la langue de Freud) de son malaise. Pour annoncer la couleur, disons plutôt qu’il s’agit de faire de ce malaise un symptôme, non pour l’éradiquer, mais pour s’en saisir comme d’un vecteur capable de transformer le passé, afin d’émanciper le présent de la dette incluse dans le fait d’avoir commencé à parler. Le symptôme, dès lors qu’interprété, ne disparaît pas, il devient insurrectionnel. Pour poser efficacement ce qu’il en est de ce recours, nous pouvons partir de ce que trois ancêtres, tout à fait méconnus, de Freud, Paul de Tarse, François de Sales et Fénelon, ont énoncé sous l’expression « supposition impossible » : que Dieu existe et qu’il me maudisse même (et surtout ?) si je me voue à l’aimer absolument. Ces trois audacieux ne reculent pas devant cette éventualité, moins impossible donc qu’il n’est dit, en répondant par un : je l’aimerais quand même. Ce « quand même » résonne chez Freud dans la seule injonction reconnue par l’analyste s’adressant à l’analysant : « Dites quand même. » Ce « quand même » en effet…

Y ETU ?

« Le jour où je suis né,

ma vie changea du tout au tout. »

David Grossman, Femme fuyant l’annonce.

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PSYCHANALYSE N°24

Le rêve, exclusion interne, l’autisme, le père et ses noms

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 mai 2012

LE SAVOIR DU PSYCHANALYSTE  

L’amont du rêve. Pierre Bruno

Je ne suis pas mécontent de n’avoir qu’un temps limité, dans la mesure où cette contrainte m’obligera à vous exposer une épure de ce que j’entends vous faire part. Cette épure, je l’initie avec l’énoncé d’une question : qu’est-ce que nous pouvons apprendre de Finnegans Wake qui ait des conséquences sur le savoir psychanalytique ayant trait au rêve ? Ce roman, Finnegans Wake, nous conduit-il à amender la Traumdeutung de Freud ? Pour d’emblée renoncer au suspens, je répondrai oui, ce « oui » qui est aussi le dernier mot d’Ulysse.

L’exclusion interne. Isabelle Morin

Dans ma précédente intervention concernant la cure de l’Homme aux rats, j’avais interrogé la façon dont le réel pouvait résonner dans le symbolique pour qu’une extraction conduise le sujet à se reconnaître dans son symptôme. Aujourd’hui, je poursuis à partir d’un renversement préalablement nécessaire pour ouvrir vers une fin d’analyse.

Un labyrinthe imparfait. Florence Briolais

Il faut tout d’abord en repérer l’entrée comme le fit Freud dès la première rencontre avec ce patient lui apprenant à quel degré d’intensité il avait joui, enfant, de sa trop grande proximité avec les femmes, jusqu’à pouvoir palper les organes génitaux de Mlle Rudolf, sa gouvernante. Un labyrinthe où l’on entre par la jouissance en excès. Comment aurait-il pu en sortir ? Tel sera l’enjeu de mon intervention. Et j’avancerai deux hypothèses : le labyrinthe imparfait est le modèle de l’espace subjectif de Ernst Länzer arrivant chez Freud ; et un traitement plus poussé de sa névrose lui aurait permis de trouver la sortie de ce dédale et de changer d’espace subjectif.

Une grotte qui sent l’ours(e) ? Catherine Bruno

Chez les lapons, le mythe fondateur du culte de l’ours, qui était encore pratiqué en Laponie avant que le renne ne le supplante, est un mythe qui met en scène la féminisation de l’ours. L’auteure s’appuie sur son analyse pour reprendre pas à pas le mythe freudien du Père de la horde et tenter ainsi de repérer ce qui vient à les différencier et quelles questions psychanalytiques ces différences peuvent poser. Contrairement au mythe freudien, l’humanisation naît de l’union d’un ours et d’une femme, une union qui pour avoir cet effet doit aboutir à la mort de l’Ours. C’est l’intervention d’une femme par son mariage avec un animal qui permet de générer l’humanité avec la naissance d’un premier fils, qui justement parce qu’il ne tue pas son père, devient humain. L’auteure avance que le partenaire bestial n’est pas un être de jouissance, mais bien plutôt celui qui introduit à la castration.

Mots clés / féminisation, jouissance, castration, mythe, père de la horde

BÉVUE

L’autisme : vers une science au service de l’idéologie ?Ramon Menendez

Des décisions politiques récentes en France semblent aller dans le sens de promouvoir les techniques éducatives et comportementales dans la prise en charge des autistes. Cela se fait en opposition à la psychanalyse et au nom des progrès de la science. L’article décrit les aspects idéologiques et politiques du travail de Eric Schopler, connu pour avoir créé le programme TEACCH dans la prise en charge des enfants autistes et souvent cité comme modèle à suivre. Schopler a mis l’accent sur un travail avec leurs parents. Sans trop se soucier de la dimension subjective des enfants, il organise un réseau de parents d’autistes et fait pression sur les législateurs pour obtenir la reconnaissance de l’autisme en tant que handicap et pour le développement de sa technique pour en faire un programme d’Etat en Caroline du Nord (USA). Les aspects cliniques et scientifiques de son travail ne sont pas d’une grande rigueur.

Mots clés : Autisme, psychanalyse, TEACCH, science, idéologie

LE CAS 

Une conclusion inédite. Christian Cros

En prenant appui sur l’atelier de Toulouse, centré sur les conclusions des cures, je vais dégager, à partir d’un cas clinique, la question de savoir si une articulation peut s’élaborer entre ce que j’appellerai les points de convergences cliniques, qui ramassent ce cas, et la sortie telle qu’elle s’est effectuée. C’est donc une construction que je vous propose, basée sur l’axe qui constitue le cœur de l’expérience subjective de cette femme que j’ai rencontrée, durant treize ans, à un rythme régulier avec une assiduité sans faille.

Un sinthome à la lettre. Sylvianne Cordonnier

« Tu es bon pour l’HP. » Comment V., jeune sujet psychotique, se prend à l’offre de la psychanalyse pour faire du diktat maternel sinthome en en inversant les lettres : « Je serai PH, Professeur d’Histoire. » « J’ai fait un délire paranoïaque mais c’est fini et j’ai 18 ans. » Sur ces mots, le jour de son anniversaire, V. mettra fin à nos rencontres au centre de consultation où il venait régulièrement me rencontrer depuis l’âge de 15 ans. 

LA PASSE 

(Je)u de dupes. Slavka Balat

La rédaction de cet écrit fait suite à ma passe, à ma nomination en tant que AE de l’APJL, mais aussi à une première tentative publique d’élaboration 1. Il a été remanié à maintes reprises au fil du temps de l’écriture, jusqu’à (et à partir de) son point d’arrêt – le point révélant la prise dans ma propre duperie. Il est donc un témoignage partiel des métamorphoses de l’écrit par ce que le cours de l’écriture elle-même – et la confrontation au public – met au jour.

L’expérience de la passe. Secrétariat de la passe

Un secrétariat de la passe peut-il transmettre quelque chose de son expérience ? Nous avons soumis cette question aux membres de l’Association de psychanalyse Jacques Lacan parce qu’elle n’est pas d’usage. Généralement, on situe la transmission du côté des cartels et des passants, plutôt analystes de l’École (AE) d’ailleurs. Le secrétariat, en général, est silencieux.

THÉORIE 

Pile ou face. José Guinart 

Dans son séminaire sur « La lettre volée », dans l’année du séminaire Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, Lacan introduit le jeu de pair et impair, utilisant comme représentation du réel l’aléa qui se manifeste dans une série de « + » et de « – » correspondant au tirage du jeu de « pile ou face », l’un ou l’autre. Ce jeu, Lacan l’évoquera aussi dans D’un autre à l’Autre pour le désigner comme en parlait Pascal : « croix ou pile ». Ce « croix ou pile », c’est le réel absolu qui « est précisément quelque chose qui est défini, que nous ne pouvons savoir ni s’il est ni ce qu’il est ». Nous allons nous intéresser à ce jeu avant d’évoquer les parties intersubjectives de pair et impair.

LA STRUCTURE

Le père et ses noms (8e et dernière partie)

Le tore du père ? En novembre 1974, au septième congrès de l’École freudienne de Paris, Lacan prononce à Rome une conférence qui marque, juste avant le début du séminaire R.S.I., un tournant. On peut, sous réserve du développement qui va suivre, caractériser ainsi ce tournant : le questionnement du Nom-du-Père, dans sa parenté avec la réalité religieuse, est un questionnement corollaire sur les Noms-du-Père qui aboutira à mettre (ou remettre) au premier plan ce qu’il en est de la nomination, ou plutôt des nominations. Sans l’élucidation de ce tournant, il serait vain ou du moins très aléatoire de vouloir accéder à l’intelligence du séminaire sur Joyce.


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