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PSYCHANALYSE YETU n°46

RÉVEIL ET RÊVE

PSYCHANALYSEYETU46

RÉVEIL ET RÊVE
Le moment du réveil. Nicolas Guérin

Résumé

L’idée du réveil est impensable. Mais le réveil n’en demeure pas moins une expérience dont il s’agit de savoir de quelle(s) guise(s) du réel elle s’oriente. Le paradigme du rêve et du sommeil semble indiquer que le réveil s’articule à l’objet, en tant qu’objet cessible dans son rapport à la demande de l’Autre, dans les cauchemars ou dans les rêves d’orgasme. La fonction de l’angoisse y est donc intéressée. En outre le réveil participe du temps logique, et particulièrement du moment de conclure. Il concorde avec une limite dans la structure et, sur ce point, certaines références orientalistes de Lacan éclairent en partie ses coordonnées.

Mots-clés :  réveil, moment de conclure, cauchemar, réel, inconscient.

L’astrolabe du rêve. Qu’est-ce que rêver ? Louis Sciara

Résumé

A la lumière de l’ouvrage du psychanalyste Pierre Bruno Qu’est-ce que rêver ?, paru en 2017, Louis Sciara s’attèle à la question du rêve du point de vue théorique et clinique. Il met notamment au travail les thèses de l’auteur du livre : le rêve est ce qui sépare le rêveur du savoir de l’Autre ; la distinction et le nouage entre fantasme et désir. Il pose à son tour, dans le maniement de la cure, au fil du transfert, les questions qui touchent au savoir et à la vérité dans l’interprétation, celles qui témoignent, au cas par cas, d’un Réel en jeu, celui propre à la structure de l’analysant, dans son énonciation du rêve et dans ses associations.

Mots-clés :  Rêve, Rêveur, Transfert, Réel, Désir (Begehren), Souhait (Wunsch). 

L’art de rêver. Pierre Bruno

Résumé

L’art pourrait primer sur la vérité du symptôme, en déjouant la prétention de celle-ci à se dire toute. Y a-t-il en ce sens un art de rêver? Pour répondre,  la relation entre poésie et rêve est examinée.

Mots-clés : Rêve, art, interprétation; poésie, rêve traumatique.

Qu’est-ce que ne pas rêver ? Vanessa Julien-Maucuer

Résumé

A partir de notre lecture de l’ouvrage de Pierre Bruno Qu’est ce que rêver ?, nous avons effectué des liens avec notre pratique clinique auprès d’adolescents criminels et leur apparente absence de vie onirique. Nous proposons ainsi le questionnement « Qu’est ce que ne pas rêver ? » tant du point de vue de la subjectivité de ces adolescents que du côté de la place laissée au rêve dans nos institutions socio-judiciaires.

Dans cet article, notre réflexion nous amène à formuler l’hypothèse que la scène du crime pourrait être le lieu d’écriture en rébus du rêve. Comme dans un rapport inversé en miroir, le lieu de l’agir criminel viendrait ainsi faire substitut du rêve.

Mots-clés : rêver, adolescents, criminels.

Norekdal. Bernhard Alexander

Résumé

D’un rêve de Freud, qui tient en un mot, « Norekdal », et à partir des associations livrées par le rêveur, Grinstein, après avoir conclu d’une traversée des deux pièces d’Ibsen auxquelles ce mot renvoie – Une Maison de poupée (Nora) et Le Canard sauvage (Ekdal) – qu’elle ont en commun de soulever la question des « vérités bonnes (ou pas) à dire », ose une interprétation. Le motif du rêve serait lié aux préoccupations de Freud concernant la réception des vérités psychanalytiques, et tiendrait dans cette question : « Ne serait-il pas préférable de laisser les gens s’accrocher à l’illusion vitale, plutôt que de leur ouvrir les yeux sur une vérité insupportable ? »

Mots-clés : Norekdal, Ibsen, Freud.

L’ÉSSAI MINEUR
Le transfert acting out. Thérèse Charrier

Résumé

Concevoir l’inconscient comme ayant une réalité sexuelle, implique d’envisager le transfert dans sa face de mise en acte – acting out – de cette réalité. Face qui serait masquée par l’amour du sujet supposé savoir. Le transfert acting out met en jeu la pulsion toujours d’ordre sexuel et fait de l’analyste un partenaire sexuel. La fin du transfert et le passage a l’acte, de l’analysant à l’analyste, s’en trouvent éclairés avec le deuil de la satisfaction libidinale et la transmission du vivant non sexué.

Mots-clés : Transfert et acting out, Pulsion et libido, Passe et passage a l’acte, Insatisfaction.

LA RUELLE DU DÉSIR
Le désir de Gide : clandestin, mortifié, vivant. Isabelle Morin

Résumé

L’auteur transmet le trajet du désir chez Gide. Il a écrit sa vie entière, comme une nécessité, sans relâche, pour partager avec ses lecteurs ce qu’il a fait de sa singularité. La place du désir prise par la lettre permet de penser qu’il a pu « demortifier » un désir mortifié, pour le rendre vivant. Sa vie en témoigne ardemment.

Mots-clés : désir, jouissance, amour, lettre.

La beauté aveuglante d’Antigone. Carole Diaz

Résumé

Antigone fascine. Elle aveugle celui qui regarde alors qu’elle franchit la barrière morale du Bien. Elle ne lache pas sur son désir et dépasse une seconde barrière, celle du Beau. Elle intéresse la psychanalyse car elle pointe l’Ethique du psychanalyste, sa place au bord du trou, dans lequel se situe La Chose, Das Ding, ce quelque chose qui veut et reste en même temps interdit. L’inceste n’est-il pas le désir de tout analysant ? Alors que veut dire ne pas céder sur son désir ?S’agit-il d’un autre désir ?

Mots-clés : Antigone, désir, barrière du beau, barrière du bien, la Chose, das Ding, éthique, inceste, interdit.

Désir féminin, pèr(t)e et jouissance. Pascale Macary-Garipuy
L’acte est le portrait du désir. Pierre Bruno

Résumé

Il n’y a pas de reflet de la chose dans le mot. L’écrit, distinct du parlé, interdit qu’on méconnaisse cet axiome par un fantasme d’inceste entre mot et chose. C’est la raison pour laquelle le désir n’est pas articulable, quoique articulé. Ce n’est que dans l’acte que son visage prend forme – quelle qu’elle soit.

Mots-clés : Désir « mâle », désir féminin, lettre/signifiant, écriture/parole.

LA THÉORIE
Le graphe de Lacan. Dimitris Sakellariou

Résumé

Le graphe est une épure de la structure en mouvement montrant comment à partir d’une analyse se dialectisent les liens constitutifs du sujet dans son statut éthique avec l’Autre et son trou réel, lieu du surgissement de la jouissance primordiale, et receleur de l’objet cause du désir paré de ses reflets phalliques. Le désir de l’analyste peut tel un pivot conduire un sujet à choisir la loi du désir plutôt que celle de la volonté de jouissance.

Mots-clés : l’Autre inconsistant, la jouissance primaire, Je, sujet de la jouissance, Φ signifiant de la Jouissance, castration ISR.

LA LISEUSE
Je sais où je vais… sans le savoir… Élisabeth Rigal

Résumé

Pierre Bruno et Marie-Jean Sauret ont édité chez ERES (Oct. 2019) un séminaire à deux voix : La différence freudienne. L’écho que chacun renvoie à l’autre réveille la théorie, la réinvente donnant ainsi toute sa place à l’inconscient. Lectrice, j’ai pris ma part pour ramasser les concepts : symptôme, frontière phobique et jouissances, psychanalyse et société, quelques enjeux, mais aussi mes propres questions /réflexions…Avec l’ambition d’une invitation à la lecture.

PAGE NOIRE
Qu’est-ce qu’un virus ?  Jean-Marc Lelièvre

Résumé

Après quelques points de repères sur la biologie du virus du Covid-2, l’amorce d’une réflexion est proposée. En examinant les différentes approches de santé publique face à la pandémie dans quelques pays d’une part, et en questionnant notre lien au monde vivant, au monde sauvage d’autre part, c’est évidemment la question de la logique collective de toute l’humanité qui est à nouveau posée avec force, loin de la soumission au Discours Capitaliste.

Mots-clés : Covid-19, immunité, santé publique, lien social, réalité biologique.

Y ETU

Pour moins que toi je n’eusse, amie
Voulu voir ce rêve brisé :
C’était sujet
Pour la raison, beaucoup trop fort pour fantaisie. Tu fus sage de m’en tirer,
Mais loin de le briser tu vins le prolonger :
Il suffit de penser à toi, si véritable,
Pour rendre vrai le rêve, historique la fable.
Tu fus sage de m’en tirer,
Mais loin de le briser tu vins le prolonger :
Viens en ces bras, et puisqu’ainsi tu m’empêchas
De rêver la fin de mon rêve, jouons-la.

John Donne
Poèmes, Paris, Gallimard; 1962

PSYCHANALYSE YETU n°45

PSYCHANALYSE ET PHILOSOPHIE

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PSYCHANALYSE ET PHILOSOPHIE
Freud et la philosophie. Ramón Menéndez

Résumé

La position de Freud par rapport à la philosophie oscille entre la fascination face à des personnages comme Frantz Brentano, son professeur à l’université de Vienne, et la critique implacable que suscitent, par exemple, les philosophes idéalistes. Ce n’est donc pas la philosophie en tant que telle, mais les assises de sa construction qui sont en jeu. Ainsi, les constructions théoriques basées sur l’expérience on tout son respect. En revanche, la spéculation métaphasique éveille la méfiance du père de la psychanalyse. Par ailleurs, Freud cherche pour la psychanalyse une voie qui puisse s’affranchir d’autres discours. Il parle spécifiquement de la physiologie et de la philosophie.

Mots-clés : Philosophie, psychanalyse, Freud, Brentano, Idéalisme, Utilitarisme.

Lacan et l’impossible de la philosophie. Véronique Sidoit

Résumé

Il est devenu commun aux philosophes de se référer à la psychanalyse, et aux psychanalystes d’en appeler à tel ou tel philosophe. Comme si un brouillage des champs s’opérait, ou qu’une éventuelle complémentarité se révélait. Mais si, en effet, Lacan a eu souvent recours à la théorisation de tel ou tel philosophe, ou à telle notion philosophique, comment entendre le terme d’antiphilosophie qu’il emploie ? Quels sont les rapports entre la philosophie et la psychanalyse ?

Mots-clés : philosophie, antiphilosophie, division du sujet, incomplétude, réel, langage, pensée, suture, énoncé et énonciation.

L’invention chrétienne du sexuel, à la poursuite de la psychanalyse. Frédéric Gros

Résumé

Mots-clés :

Sinon rien. Pierre Bruno

Résumé

Il s’agit de confronter les premières références de Lacan à Leibniz avec la lecture logis-formelle de Leibniz dans la philosophie contemporaine.

Mots-clés : Leibniz, Spaltung, vérité-correspondance et vérité-identité.

Spinoza et la psychanalyse. Bernhard Alexander

Résumé

L’auteur développe sur plusieurs points ce qui lui apparaît comme une très grande proximité entre Spinoza et Freud et s’étonne de constater que Freud n’a pas rencontré – ou du moins n’en a pas fait mention – l ‘œuvre de Spinoza, malgré des points de quasi convergence de leurs enseignements et de son objet, l’âme humaine.

Mots-clés :

L’ESSAI MINEUR
Dans la maison des hommes : incorporation et féminisation. Catherine Joye-Bruno

Résumé

En analysant le mythe fondateur de la société des îles du Nord du Vanuatu, et en le comparant au mythe freudien du père de la horde, l’auteure tente d’éclairer la nature de ce qui est incorporé lors du repas cannibalique à travers la plante qu’est le kava, et pose les questions analytiques que cette mythologie suscite quant à l’incorporation primordiale du père chez Freud et chez Lacan.

Mots-clés : Incorporation, identification primaire, pulsion de vie, totem et tabous, jouissance supplémentaire, féminisation, kava.

LE SAVOIR DU PSYCHANALYSTE
Premier amour. Pierre Bruno

Résumé

La question posée est de savoir si la récusation de l’identification primaire au père est une condition de conclusion d’une analyse. La réponse de Lacan, à partir du séminaire Le sinthome, est de distinguer le Père qui a donné leur nom aux choses, créateur et commandeur en somme du symbolique, et le Père en tant que réel, soit en tant que palliant l’impossible rapport entre mots et choses.

Mots-clés : Identification primaire, fin d’une analyse, inexistence du néant.

Sexuation hors filiation. Emmanuel Lehoux

Résumé

A la fin d’une cure, le sujet se trouve départi de ses identifications. Celle-ci permettaient de faire avec le non rapport sexuel. Avec l’identification au symptôme, le sujet peut faire autrement avec ce trou du non rapport. Qu’en est-il alors de la sexuation ? La rectification subjective qui s’opère à la fin d’une analyse modifiant le rapport du sujet au savoir, change l’interprétation des formules dites de la sexuation. La possibilité d’un troisième sexe se pose alors et avec elle celle d’un nouveau rapport aux deux jouissances.

Mots-clés : fin de cure, identification, symptôme, corps, nœud généralisé, troisième sexe, yad’lun.

Du supplémentaire. Sainte Thérèse d’Avila dans ses jouissances. Kosuke Tsuiki

Résumé

Jacques Lacan n’a cessé d’évoquer la tradition mystique chrétienne. Le comble en est le Séminaire Encore, où il y revient pour ressaisir l’expérience mystique du point de vue d’une jouissance qui supplée à l’absence de rapport sexuel, mais qui est autre que la jouissance phallique. Selon Lacan, cette « Autre jouissance » nie le fondement de la fonction phallique (ce fondement étant l’existence d’un être qui dit que non à la fonction phallique), de sorte que la jouissance phallique ne constitue plus un « tout ». D’où la définition de l’Autre jouissance comme « supplémentaire », et c’est cela même que Lacan appelle la « jouissance féminine ». Or le paradigme privilégié de la jouissance supplémentaire, voire son seul paradigme nommé comme tel dans Encore, est la jouissance éprouvée par des mystiques chrétiens dont, entre autres, Sainte Thérèse d’Avila. Nous allons donc travailler sur ses témoignages — qui forment une espèce de tourbillon vertigineux, mais riche d’enseignements analytiques — pour repérer des éléments qui permettent d’affirmer que la sienne est proprement féminine, et non phallique.

Mots-clés :

LA RUELLE DU DÉSIR
Hamlet ne rêve pas. Christine Chagneaud

Résumé

Il s’agit de comprendre comment Hamlet renouera avec sa capacité à agir, lui qui a vu son désir suspendu par la révélation du ghost, cela en suivant acte par acte la tragédie de Shakespeare. C’est en retrouvant la sécurité du sujet en tant qu’il parle qu’il rejoindra ce rapport du sujet à lui même, dans l’assomption de son acte.

Mots-clés : Désir, Acte, Objet, Inconscient.

«Sygne, du dire non». Lettre et Versagung. Florence Briolais

Résumé

Serrant au plus près l’écriture du poète Paul Claudel, dans sa trilogie des COÛFONTAINE, éclairée par l’enseignement qu’en extrait Lacan, dans son séminaire sur le transfert, 1960-61, l’auteur en propose, ici, une lecture orientée par la lettre et la Versagung :

La lettre du sinthome, griffe de ce ravinement du signifié dans le réel, est consubstantielle à la Versagung originelle, ce refus du sujet au signifiant de l’Autre. Un dire non, que présentifie Sygne, l’héroïne tragique moderne, s’affranchissant des limites de l’entre-deux-morts, seule voie d’accès au désir.

Mots-clés : La Lettre, die Versagung, mythe, acte, désir.

Le désir chez Sygne de Coûfontaine : sponsio, Versagung, honte et acte. Mario Uribe Rivera

Résumé

Il existe un isomorphisme éthique entre le désir de Sygne de Coûfontaine et la position responsable de l’analyste. L’interpellation subjective inhérente à la faute provoque une réponse commune ou Versagung -éco du réel hors chaîne. L’épreuve paradoxale du désir chez Sygne implique la trahison successive de l’être et la négation de la négation -Aufhebung du destin, scandée par la honte qui indique la « lâcheté » structurelle et la persistance du désir.

Mots-clés : Éthique, désir chez Sygne de Coûfontaine, position de l’analyste, interpellation subjective, Versagung, Aufhebung du destin, honte, « lâcheté du désir ».

LA STRUCTURE
Symptôme et sinthome. 8e partie. Lacan, 1960-1963

Résumé

Dans les séminaires VIII, IX et X, l’invention progressive par Jacques Lacan de l’objet a, cet objet intangible et non spécularisable, réoriente la question du symptôme et de son interprétation, non pas à partir du sens, mais à partir de ce « déchet du sens ». Nous aborderons successivement, les effets symptomatiques du complexe de castration, la question du symptôme et de la répétition, enfin celle du symptôme et de la jouissance.

Mots-clés : Symptôme, objet a, complexe de castration, répétition, névrose obsessionnelle

Y ETU

Ce que fait l’homme est bon à manger.
Tu peux avaler la salive que les hommes produisent dans la bouche,
tu peux avaler ta salive,
tu peux avaler la salive du chien, du lion, de l’homme s’il n’est pas ta mère.

Christophe Tarkos
Le petit bidon et autres textes, POL

 

 

 

 

 

PSYCHANALYSE YETU N°44

PULSION ET REGARD

 

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PULSION ET REGARD
Dingueries de la jouissance. Pascale Macary-Garipuy

Résumé

La mise en scène d’un sujet acceptant les offres faites par la technoscience pour jouir en dépassant les limites du fantasme est le motif récurent des films de Cronenberg. Ils mettent en scène des sujets transgressant les limites du principe de plaisir par des excès amenant à la fracture de la réalité. Le monde devient alors halluciné, Das Ding  venant y jouer une partition mortelle.

Mots-clés : Cronenberg, jouissance, pulsion, Das Ding.

Du coté des Ménines. Pierre Bruno

Résumé

Il s’agit dans cet article, en se fondant sur l’analyse des Ménines dans le séminaire de Lacan L’objet de la psychanalyse, de restituer les définitions majeures de la géométrie projective qui permettent de définir le statut topologique de l’objet a.

Mots-clés : Objet a, Ménines, écran/ fenêtre.

Pulsion et incurable. Valérie Gasne

Résumé

La médecine moderne repousse les limites de son pouvoir, en multipliant traitements et innovations biotechnologiques, mais se heurte dans certains cas de patients atteints de cancer, à des situations d’échappement thérapeutique confrontant à de l’incurable. La psychanalyse peut-elle aider à situer cet incurable ? En quoi la question pulsionnelle peut-elle y être impliquée ? Ces questions sont essentielles pour articuler médecine et psychanalyse.

Mots-clés : Pulsion, cancer, impasses thérapeutiques, incurable.

Entre divan et lit d’hôpital. Marie-Jean Sauret

Résumé

Valérie Gasne a proposé une « clinique du seuil », interrogeant ce que pourrait être une pratique orientée par la psychanalyse avec des patients en fin de vie. Le seuil est à la fois celui de la psychanalyse et de la médecine, de la vie et de la mort, et celui du somatique et du psychique – où gite la pulsion Le présent articulet se propose de soulever quelques-unes des questions sur lesquelles Valérie Gasne s’arrête : la substitution de l’intraitable de la maladie à l’incurable du symptôme, et de la maladie à la névrose, ne créent-elle pas des conditions particulières pour la clinique ? Malgré l’imminence de la mort, une clinique est-elle pensable qui ne prendrait pas acte de la guérison comme demande ? Et que dire des manifestations pulsionnelles à l’occasion de ces moments sans Autre en quoi pourrait consister telle expérience de coma ?

L’ESSAI MINEUR
Hors filiation, sans identification et sexuation. Emmanuel Lehoux

Résumé

Il y a un moment dans l’analyse où le sujet se trouve départi de ses identifications, Il doit alors reconstruire autrement ou faire marche arrière. Ce qui est en jeu c’est le passage de l’être à l’existence. d’avoir un symptôme à s’identifier au symptôme. Ce parcours se lit dans les différentes écritures du nœud. Cet article propose une lecture des derniers séminaires de Lacan à partir du « Yadl’un » produit dans le séminaire « ou pire … ».

Mots-clés : Identification, Yad’lun, symptôme, sinthome et existence.

LE SAVOIR DU PSYCHANALYSTE
Parasite. Laure Thibaudeau

Résumé

Le langage est le parasite indispensable à l’humain pour qu’il puisse s’insérer dans la vie et établir des liens avec les autres humains. Cette greffe ne peut se faire hors le désir du père, réel.

Mots-clés : langage, parasite, père réel, amour, identification, objet a.

Une rencontre. Bernadette Etcheverry

LA RUELLE DU DÉSIR

Douleur d’exister et désir indestructible. Florence Briolais

Résumé

« C’est à partir de témoignages de survivantes des camps d’extermination nazis, des camps de travaux forcés de la Chine maoïste… que l’auteure revient sur ce « désir indestructible » qui concerne tout vivant et surgit en ce point où s’expérimente  la détresse originelle. C’est en référence au tableau de la sexuation, qu’elle se pose la question : Ce désir, pourrait-il avoir un destin différent selon que le sujet se range côté masculin ou côté féminin? »

Mots-clés : détresse, désir indestructible, féminin.

Les embrouilles du père. Jacques Podlejski

Résumé

A partir d’une brève vignette clinique, cet article interroge les dimensions imaginaire, symbolique et réelle du père pour proposer une réponse à la question suivante :le père est-il symptôme ou bouchon ?

Mots-clés : père imaginaire, père symbolique, père réel.

Pas de rêve. Marie-Claire Terrier

Résumé

Si le rêve est ce qui permet à la jouissance de passer à l’ inconscient , d’où s’origine cette jouissance ? C’ est, à contrario, à partir de la clinique d’un absolu non- rêveur et la lecture que j’ en propose que j’ introduis mes questions à Pierre Bruno en lien avec son séminaire .Y est questionnée en particulier la place du moi réel voire ici l’impossibilité, forclusive, de son émergence qui se solderait par ce « pas de rêve » .

Mots-clés : forclusion , absence de rêves , égarement , inexistence , moi réel.

Le réel du désiré. Nicolas Guérin

Résumé

L’interprétation de l’analyste, pour nécessaire qu’elle puisse être, n’est toutefois pas suffisante pour constituer la voie d’un vrai réveil pour le sujet. Car si elle indexe la cause du désir, et que le désir est en lui-même désir de prendre sens, alors l’interprétation, en interpelant le désir, convoque corrélativement le sens, lequel est plutôt au service du sommeil. Comment entendre alors ce que Lacan appelle le « réel du désiré » et son rôle dans ce qui peut réveiller l’être parlant par déclosion du sens ?

Mots-clés : réel, sens, interprétation, réveil.

LA THÉORIE
SNI. Jacques Podlejski

Résumé

Cet article recense et discute diverses acceptions du terme identification, la variété de leurs supports et leur devenir dans la cure analytique.

Mots-clés : identifications, identification judiciaire, identification numérique, identification à l’analyste, identification au symptôme.

CONTROVERSES
Le fantasme, de son statut catégoriel et des conditions de son élaboration, enjeu de la psychanalyse. Celya Herbin

Résumé

On oublie trop souvent que la découverte freudienne n’est pas tant l’inconscient que le fantasme. C’est-à-dire la prise en compte du discours de l’Autre primordial dans la constitution des règles qui président à l’organisation des capacités du nouveau-né.

 Là où la tradition affirmait que le nouveau-né naissait tout armé de ses capacités, Freud montre qu’il n’en est rien, au point d’assigner à la psychanalyse la visée d’assurer une levée de l’amnésie infantile pour que soit opérée une transformation du fantasme. C’est ce point qui est ici développé pour qu’en soit prise la mesure dans la direction de la cure.

Mots-clés : fantasme, direction de la cure, épigenèse, règle.

Quatre remarques. Pierre Bruno

POÈME

La pâleur de l’aube. Charles Greiveldinger-Winling
LA CITÉ DANS LA PSYCHANALYSE
L’écriture numérique : une révolution ?  Marie-Jean Sauret

Résumé

Le numérique accélère les développements scientifiques, permet des inventions techniques prodigieuses, perfectionne les moyens de communication et de calcul, est impliqué dans l’intelligence artificielle, et, avec Internet et ses algorithmes met à notre disposition une masse de données telle que jamais l’humanité n’en a disposé d’autant à la fois.

Voilà que cette modalité de chiffrage et de calcul contamine la direction des ressources humaines et la gestion des entreprises et des services publics. Pas un secteur de notre vie ordinaire ne semble y échapper.

Une révolution ? Cette note vise à cerner les mutations du savoir corrélative et les incidences pour le sujet qui n’aurait d’autre horizon., et à en situer les conséquences au regard de la fonction de l’écrit, telle qu’elle se déduit de la clinique analytique.

Y ETU

Oreille à qui je ne demande
Tant seulement que d’être ouï
Et qu’elle me fasse dire oui.

    Nicolas Albert, alias Albert Le Grand

Œil me privant du regard qu’il me doit,
Me voyant mieux que s’il me regardait.

Antoine Héroët, sieur de la Maison-Neuve

Bouche qui peut bien parler et bien taire,
Taire je dis, car le taire opportun
Est un grand bien plus rare que commun.

Anonyme
Citations tirées de
Blasons anatomiques du corps féminin,
Flammarion, 2016

PSYCHANALYSE YETU N°43

Transcendance profane

 

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TRANSCENDANCE PROFANE
Le féminin et le transcendant profane.  Isabelle Morin

Résumé

La fin d’une analyse émancipe le sujet de l’Autre et annule la croyance en un Autre de l’Autre. Cette expérience ne peut donc être sans effet, pour le sujet, sur le rapport qu’il entretient à la transcendance à partir du consentement au féminin. Si nous n’excluons pas la pensée d’une transcendance, on peut alors parler de transcendance profane. L’auteur cherche à déterminer ce qui transcende l’humain.

Mots-clés : Féminin, Transcendance, Profanation.

La sensation océanique. Une lettre à Sigmund Freud. Romain Rolland

 

Moments épiphaniques. Thérèse Charrier

Résumé

Les moments épiphaniques – qui surgissent sur fond d’Hilflosigkeit où se rencontre l’Autre du sans recours – révèlent le réel, la Chose et le trou au cœur du langage. Ils confrontent le sujet à la question de la transcendance et ont des effets de franchissement. Ce texte explore ces moments et leurs effets depuis des expériences hors transfert jusqu’à celle de Freud où le rêve épiphanique d’Irma révèle la voix de personne transcendante au transfert.

Mots-clés : Épiphanie, Révélation du réel, La Chose, Mot trou, Femme sans au delà, Voix de personne, Transcendance.

Petite excursion au pays des nombres transcendants. Louis Morin

Résumé

Dans cette note, l’auteur cherche à saisir l’origine du terme transcendant pour certains nombres qui échappaient jusque-là à toute classification de l’époque.

Mots-clés : Nombres, Transcendants, Leibniz

Dans une nuit obscure. Bernard Sesé
LA RUELLE DU DÉSIR
Du désir. Pierre Bruno

Résumé

À partir d’une interrogation sur la façon dont Lacan se détache de la conception hégélienne du désir, il s’agit de fonder une différence d’une part entre rêve et fantasme, d’autre part entre désir et souhait.

Mots-clés : Fantasme, Désir, Demande, Souhait.

LE SAVOIR DU PSYCHANALYSTE
« Qu’est “Je” ? » De l’être à l’existence. Fabienne Guillen

Résumé

Ce travail s’attache à repérer dans l’enseignement de Lacan, au-delà des élaborations de Freud sur l’identification auxquelles il se reporte régulièrement, ce qu’il a élaboré à partir de ses propres inventions. Cet article parcourt successivement : l’identification à l’image spéculaire, l’identification à l’objet petit a du fantasme et enfin l’identification au symptôme.

Mots-clés : Identification, Miroir, Incorporation, Sentiment de soi, Identification au symptôme.

LE CAS
Gothan et le mystère du deux. Sacha Dreyfus

Résumé

La rencontre avec un enfant, en institution, peut être l’occasion d’interroger la pertinence du discours de l’analyste comme réponse à la psychose infantile. Cela permet aussi d’interroger le statut du dessin, de l’écrit, de la parole dans ce dispositif de travail sous transfert.

Mots-clés : Transfert, Psychose, Discours de l’analyste, Vérité, Savoir.

LA PASSE
Indécidable, effets de passe. Hélène Seguin

Résumé

Effets du passage par la procédure de la passe sur la relecture d’une cure. La réponse du cartel opère une incessante mise au travail via l’articulation du trou dans le savoir de l’Autre et du trou du sujet, nécessaire à un « faire école ».

Mots-clés : Passe, Trou dans le savoir, Articulation, Faire école.

LA STRUCTURE
Symptôme et sinthome, 7e partie. Lacan, 1957-1960

Résumé

Du séminaire V au séminaire VII, Lacan s’attache à rappeler aux analystes le lien consubstantiel qui existe entre le symptôme et le désir humain. Ce désir n’a rien à voir avec un quelconque besoin naturel et doit se distinguer de la demande puisqu’il se présente comme son au-delà. Il va donc être crucial pour le psychanalyste de le prendre en compte dans ses interprétations et la direction de la cure, sous peine d’alimenter le symptôme au lieu de l’assécher.

Mots-clés : Symptôme, Formation de l’inconscient, Sublimation, Mensonge, Vérité, La Chose.

LA THÉORIE
La passion aporétique de Sigmund Freud. Jean-Bernard Paturet

Résumé

L’épistémologie freudienne est au cœur d’une aporie indépassable : inscrire la psychanalyse dans le déterminisme des sciences de la Nature de son époque sur le modèle de la physique et de la chimie et en même temps sous l’influence de la clinique, reconnaître la capacité fondamentale d’un sujet qui choisit.

Mots-clés : Épistémologie freudienne, Aporie, Choix.

LA LISEUSE
De la perte au manque… Marie-Jean Sauret

Résumé

La mort de Jean-Daniel Causse nous a privé d’un débat soutenu avec lui autour de son livre désormais testament, Lacan et le christianisme. C’est donc comme une marque de respect que l’article avance quelques-unes des questions que l’auteur aurait aimé partager avec lui, qui touchent à la castration, la création, l’éthique, le symptôme, le transcendant… Mais c’est la kénose – la mort de Dieu en Jésus-Christ – et ses conséquences pour penser l’athéisme qui constituent sans doute l’essentiel de la contribution ici discutée de Jean-Daniel Causse.

Mots-clés : Jean-Daniel Causse, Castration, Création, Éthique, Kénose, Symptôme, Transcendant.

L’ASSOCIATION
Une politique de la psychanalyse. Marie-Jean Sauret

Résumé

Selon une formule de Pierre Bruno, l’analysant apprend de son analyse que seul le symptôme sait. Celui qui prend la position d’analyste s’appuie sur cette découverte « impartageable ». Comment des analystes pourraient-ils alors s’associer ? La multiplication des associations tient au fait que les analystes ne peuvent, sous prétexte d’appartenir à un groupe, céder sur ce qu’ils ont appris de leur cure sans rompre leur lien au discours analytique. Aussi sont-ils parfois contraints à « l’essaimage ». Mais le réel qui les divise alors n’appartient ni à une association ni à une autre, ce qui leur fait un devoir de s’en expliquer et pour cela de se parler. Là est, s’ils s’en enseignent, l’École, supplémentaire aux associations. L’article s’efforce de déployer et de tirer quelques conséquences de cette logique.

Mots-clés : Discours analytique, École, Passe, Politique, Symptôme.

Y ETU

Accouplé à la peur
comme Dieu à l’odieux

le cou engendre le couteau

et le coupeur de têtes
suspendu entre la tête et le corps

comme le crime
entre le cri et la rime.

Ghérasim Luca.
« A gorge dénouée », dans Héros-limite,
Paris, Poésie/Gallimard, 2001

 

PSYCHANALYSE N°39

Pulsion. Répétition. Wittgenstein. Barbara Low

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LE SAVOIR DU PSYCHANALYSTE
Pulsion (drive out). Pierre Bruno

Résumé

Ce texte propose une thèse sur l’articulation de la pulsion et du fantasme. Le montage de la pulsion  et la formation du fantasme impliquent l’habitat langagier. Ce n’est qu’au troisième temps de la pulsion qu’un sujet apparaît, dans le processus de l’aliénation, mais pour aussitôt disparaître. La surimpression de l’aliénation sur le montage de la pulsion est la clé de l’assujettissement par le fantasme et reste commandée, dans toutes les modalités de la séparation, par le désir du père et non par sa jouissance.

Mots-clés : pulsion, fantasme, aliénation-séparation, désir du père.

Destins et filiation. Catherine Bruno

Résumé

Cet article interroge la fonction de l’objet voix dans la nomination et « la fonction réelle du père dans la génération » (Jacques Lacan), pour distinguer le père du nom du père du désir. L’auteure s’appuie sur le film Taxidermie, organisé en triptyque par le cinéaste hongrois György Pálfi. Il y raconte la destinée des hommes d’une même famille, sur 3 générations, à un instant «t» de leur vie, dans une petite ville de Hongrie au XXème siècle, destinées liées aux figures de la pulsion mises en scènes : orale, anale, scopique et invocante.

Mots-clés : Filiation, père du nom, père du désir, mère incertaine, pulsion, objet voix.

Comment enseigner ce que la psychanalyse nous enseigne ? María Antonieta Izaguirre

Résumé

L’auteur interroge la façon dont s’opère la transmission de la psychanalyse à travers la passe ou les grands cas cliniques. Si Freud a produit une nouvelle forme narrative après les transformations culturelles liées à première guerre mondiale, Lacan a imposé un style propice à la transmission. Ce qui se transmet d’un cas est le témoignage du reste réel de l’expérience.

Mots-clés : construction narrative, style, transmission, enseignement, réel.

D’un savoir qui ne se saisit pas ? Elisa dos Mares Guia-Menéndez

Résumé

Dans le champ de la psychanalyse le féminin ne se réduit pas au savoir sur la femme, chercher à le définir correspondrait à contredire ce qu’il a de plus particulière, sa capacité de se réinventer à chaque fois. Or, la recherche de la vérité doit aussi laisser la place à l’énigme. Le mouvement de Freud ainsi que l’enseignement de Lacan nous apprend beaucoup à ce sujet, et nous sert aussi comme un sort de boussole pour penser ce point si particulier qui est celle du savoir dans la psychanalyse.

Mots-clés : féminin, féminité, idéal, énigme, savoir.

La différence dans le sexe, ou le « sans alibi » Sophie Mendelsohn

Résumé

La différence des sexes est une pierre d’angle de la condition symbolique telle que l’envisage la psychanalyse, et l’enjeu d’une querelle intense dans la culture, où elle fait régulièrement l’objet de démentis stratégiques. Elle se présente plutôt ici comme un alibi qui permet au sujet de l’inconscient de continuer à ignorer une autre différence, à la cruauté mordante, celle qui traverse le sexe lui-même.

Mots-clés : sexe, différence, symbolique, alibi, cruauté.

LA THÉORIE
La catégorie du semblant et l’acte analytique. Dimitris Sakellariou

Résumé

Une psychanalyse consiste pour un sujet à réinventer des modalités lui permettant de loger son être de jouissance dans un lien social nouveau lui rendant possible d’habiter le monde. Or le réel de la Jouissance ne s’attrape que par le semblant phallique bien insuffisant à dire la différence, et rendre possible le rapport sexuel qui ne peut s’écrire, et à quoi supplée le symptôme. Reste l’objet α que l’analyste doit élever à la dignité du semblant d’être dans le transfert. Il n’y parvient que dans la mesure où il arrive par l’effet son acte à accoucher de cet objet en en faisant sa marque de fabrique.

Mots-clés : Acte analytique, amour, Autre, castration, Discours (lien social), Discours Capitaliste, Jouissance, Jouissance de l’Un, Jouissance du corps de l’Autre, Phallus (Φ, (-φ)) Rapport sexuel, Réel, Semblant, Sinthome, suppléance, Symptôme, Vérité.

LA STRUCTURE
La répétition chez Freud (2e partie). Karin Adler

Résumé

Ce texte est la suite de celui intitulé « La répétition de Freud ». Il traite de la conceptualisation Freudienne du masochisme premier et de sa nouvelle appréciation du principe de Nirvana suite à l’introduction du concept de la pulsion de mort déduit de sa découverte de la compulsion de répétition. Celle-ci est premièrement précisée dans sa fonction de défense de l’inconscient qui ne provient pas du moi. Deuxièmement, Freud lui attribue d’une part le processus de fixation pulsionnelle au refoulement et par ailleurs la conservation de la situation d’un danger qui n’est plus actuel.

Mots-clés : Pulsion de mort, compulsion de répétition, masochisme premier, principe de Nirvana.

EXTERIEURS
De la grammaire analytique (Wittgenstein et Lacan). Guy Félix Duportail

Résumé

L’objectif de cet article est de montrer que la critique de l’idée de métalangage n’est pas le seul point commun entre Wittgenstein et Lacan. La notion de grammaire – au sens du second Wittgenstein – constitue également un point décisif dans la relation conceptuelle qui unit Lacan à Wittgenstein. La grammaire mathématique des propositions empiriques, telle qu’elle est exposée dans les Remarques sur les fondements des mathématiques, éclaire le statut des mathèmes en psychanalyse. Les mathèmes sont alors considérés comme des règles de grammaire qui conditionnent ce que l’on peut dire avec sens de la clinique. Enfin, l’approche grammaticale permet de comprendre pourquoi les propositions analytiques ne parlent pas de l’Être, mais de l’Un, entendu comme noyau élémentaire de la réalité psychique.

Mots-clés : grammaire, proposition, mathème, sens, réel, hénologie.

Anamorphose. M’as-tu vu ? Faire parler les murs. Élisabeth Rigal

Résumé

La découverte de la grotte Chauvet (Gard) a provoqué une révolution dans la conception de l’Homo Sapiens et celle de l’apparition de l’art. Il s’agira d’interroger les représentations à l’œuvre qui dépassent la figuration. La façon dont l’objet regard est visé introduit-elle le rapport entre les sexes ?

Mots-clés : Anamorphose, regard, Chauvet, Homo sapiens, transmission.

 LES INTROUVABLES
Refoulements. Barbara Low
Y ETU ?

Si tu mets ton oreille au tic-tac de
ton oreille tu entendras bien en
toi quelque chose qui n’est pas toi-même
et qui est un ou le démon.

Max Jacob, Le cornet à dés, Paris, Poésie/Gallimard, 1945, p. 56.

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PSYCHANALYSE N°38

Malentendu tragique. Répétition. Danser. Amour. Insaisissable. a et ça

 

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HOMMAGE A ALAIN LACOMBE
Rêve et fantasme. Alain Lacombe

Résumé

Quel est le rapport entre le rêve et le fantasme et en quoi se différencient-ils dans leur lien au réel ?

Mots-clés : rêve, fantasme, désir, jouissance, corps, langage.

LE SAVOIR DU PSYCHANALYSTE
Ça n’est pas Lacan. Pierre Bruno

Résumé

« Il n’y a de cause qu’après l’émergence du désir », telle est la proposition centrale du séminaire interrompu de novembre 1963, de Lacan, intitulé Les noms du père. Critiquant le mythe freudien de Totem et tabou, Lacan tient qu’il n’y a de Dieu que comme désir.

Mots-clés : objet a, nomination, désir, noms-du-Père.

« Le livre de sable » de Borges : un Autre insaisissable. Dominique Corpelet

Résumé

Dans trois de ses contes, « La Bibliothèque totale », « La Bibliothèque de Babel » et « Le livre de sable », J. L. Borges effectue un parcours au terme duquel il peut énoncer que le savoir ne saurait se constituer en totalité close. Avec Russell et le paradoxe des ensembles, l’écrivain donne forme littéraire au mathème de A barré. Il rejoint Lacan qui, dans D’un Autre à l’autre, avec la logique ensembliste, démontre la topologie de A : il est affecté d’une faille.

Mots-clés : Russell, paradoxe des ensembles, incomplétude de l’Autre, savoir.

LA PASSE
Du trait à la lettre, du saut du lit à l’amour. Aïssa Bakir

Résumé

Trajectoire d’une passe, dans laquelle celle-ci aurait pu s’écrire au pluriel. Singulier du trait faisant signe et matière à la lettre. Le passage de l’analysant à l’analyste, mouvement qui se dépose dans la passe, et dont la musique peut se faire entendre comme un « finale » dans la cure qui se conclut. Tintamarre du trait qui, sans se lisser, se fait lyre et se fait lettre. Lettre qui, sans se forcer, se fait lettre d’amour.

Mots-clés : passe, lettre, invention, amour.

LA THÉORIE
Malentendu tragique. Entretien avec Francisco Pereña

Résumé

Au cœur de la condition de vivant du sujet, la pulsion inscrit dans le corps la place de l’Autre en tant qu’altération pulsionnelle, cet Autre étant identifié comme responsable de notre solitude et de notre dépendance. De là l’égarement du sujet, la confusion, l’angoisse et le désir de s’approprier cet Autre à travers le mensonge collectif de l’identité et de la servitude. Assumer la condition tragique de l’existence est un devoir éthique. C’est cela la question tragique : comment vivre sans savoir vivre. Le sujet ne coïncide pas avec le citoyen. L’histoire ne doit pas voiler ni récupérer par une psychologie de la performance et de l’adaptation la dimension symptomatique de la répétition en tant que mode particulier d’inscription de l’altération pulsionnelle en tant que défi de vivre.

Mots-clés : répétition, histoire, pulsion, dimension tragique, demande, caractère, symptôme. 

LA STRUCTURE
La répétition chez Freud. Karine Adler

Résumé

Le texte suit la trace du concept de la répétition chez Freud en rapport avec la remémoration et la résistance. Il décrit le chemin de l’évolution théorique pris à partir de l’observation clinique des névroses de guerre et des rêves traumatiques. La découverte de la compulsion de répétition permet à Freud l’ouverture vers l’au-delà du principe de plaisir et son développement de l’hypothèse de la pulsion de mort.

Mots-clés : répétition, compulsion de répétition, pulsion de mort.

PAS DE PORTE
Faire danse. Deborah Puccio-Den

Résumé

Combinant anthropologie et psychanalyse pour éclairer le rapport entre son vécu personnel et ses investissements intellectuels, l’auteur explore la perversion comme une modalité de l’action, individuelle et sociale, qui place le sujet dans une position particulière par rapport à son langage. Trois activités utilisant ce même ressort sont mises en parallèle : l’agir masqué dans les rites du carnaval, le crime mafieux et la danse.

Mots-clés : perversion, action, danse, crime, mascarade, mafia.

UNE RÉFÉRENCE DE LACAN
Dante Alighieri ou la poésie amoureuse. Étienne-Jean Delécluse
YETU

-Dieu, ne juge pas ! Tu n’étais pas une femme, sur terre !

Marina Tsvetaïeva, L’offense lyrique et autres poèmes, trad. H. Deluy, Tours, Farrago, 2004

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PSYCHANALYSE N° 28

Rêver/Fantasmer

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septembre 2013 

LE SAVOIR DU PSYCHANALYSTE

Etre ou exister. Emmanuel Lehoux

Si la jouissance est la volonté du réel à se faire signifier ou la réponse à cette intention du réel, la construction pour chaque sujet de son rapport au langage est traitement de la jouissance. Cela vaut pour tout mode d’assujettissement au langage (névrose, psychose ou perversion). Le symptôme, s’originant du moi réel initial freudien, est ce sur quoi le sujet peut s’appuyer. Mais est-ce la seule voie d’existence ? Dans RSI, Lacan place dans les champs d’existence les jouissances mais aussi le ternaire freudien inhibition, symptôme, angoisse. Il y a donc une existence qui s’appuie sur l’être et pas sans jouissance. A la fin d’une analyse, la traversée du fantasme pour le névrosé ouvre vers l’identification au symptôme. Ceci n’est pas la même chose que de partir de son symptôme pour s’assurer de son existence dans la psychose où le Nom du Père est forclos. D’où le psychotique va-t-il alors pouvoir extraire son désir ?

Mots clefs : jouissance, symptôme, moi réel, objet a, existence

Juliette et la dialectique de la raison chez Adorno et Horkheimer. Karin Adler

Horkheimer et Adorno le disent avant Lacan: le formalisme de la loi morale kantienne avec son exigence d’obéir au devoir de l’apathie, peut de la même façon soutenir la vertu comme l’immoralité, le bien comme le mal. Cependant, selon Horkheimer et Adorno, le formalisme éthique conduit à la réduction de l’homme à un objet manipulable au service de la conservation du sujet. Pour Lacan dans son « Kant avec Sade » en revanche, c’est le bourreau qui se trouve à la place de l’objet.

Mots clefs : Kant, Sade, fantasme, perversion

Traversée du fantasme versus identification au symptôme. Dimitris Sakellariou

Le but de la psychanalyse pour Freud fut d’emblée le déchiffrage du sens (sexuel) chiffré du symptôme délivrant ainsi le message inconscient destiné au sujet (ich) d’où viendrait la guérison attendue. L’expérience analytique mettra en évidence un accrochage paradoxal au symptôme (le sujet ne veut céder sous aucun prétexte à la souffrance (angst). Cela conduira Freud à l’introduction de sa deuxième topique reconnaissant qu’il existe au delà du sens (Sinn) du symptôme une signification (bedeutung) ou plus précisément une référence (Frege), qui renvoie à un nouveau mode de satisfaction de la libido pulsionnelle en rapport avec un réel, dont la réaction thérapeutique négative pourrait constituer le paradigme dans la cure analytique….

Le fantasme dans le rêve. Alain Lacombe

Dans sa conférence N° 7 de l’introduction à la psychanalyse, Freud a cette phrase étonnante : “Avez-vous maintenant le courage d’aborder l’interprétation d’un rêve complet? Par l’analyse de ce rêve, Freud établit que la pulsion est le référent de la réalité psychique du désir, que le fantasme “subjective”.

Mots clefs : Rêve, fantasme, désir, pulsion.

Le retournement du fantasme, et après ? Martine Noël

Ce texte témoigne du parcours analytique de l’auteur, huit ans après l’expérience de la passe. . Il revient tout d’abord sur le retournement du fantasme, le dévoilement de l’objet cause du désir et ses effets cliniques. Il questionne le devenir du fantasme et de la pulsion après la passe. Il se conclut enfin avec des questions sur l’objet a et sur l’identification au symptôme comme suite logique de ce procès.

Mots clefs : passe, retournement du fantasme, pulsion orale, identification au symptôme

Qu’est-ce que rêver ? Pierre Bruno

Bien que cet article se compose et s’appuie d’une recension plutôt complète des références de Freud et de Lacan sur le rêve, références dont il souligne les évolutions, son ambition est décalée par rapport à celle de Freud, qui était de fonder une interprétation probante du rêve. Cet article en effet vise à se tenir au niveau d’une question sous-jacente : en quoi consiste l’activité de rêver? De ce décalage, il tente de s’orienter vers une solution quant à une difficulté restée sans réponse satisfaisante dans la psychanalyse, difficulté qui tourne autour du statut à donner au rêve traumatique et à la question de savoir si l’accomplissement de souhait y a sa part.

Mots-clés: rêve, interprétation, souhait, rêve traumatique.

LA PASSE

Accent tu es. Jacques Marblé

…Or, « ponctuer, c’est accentuer en lisant », comme il est précisé dans Esthétique de la ponctuation : n’est-ce pas ainsi que le désir de l’analyste, à situer pour moi entre signifiant vivant et présence réelle, peut trouver à se loger ? Un zeste d’amour, à condition de se méfier de l’amour du prochain, complétera la recette…

 THÉORIE

La fin du monde. John Holland

Cet article examine certains aspects de l’épistémologie du discours du maître et de sa mutation moderne, le discours capitaliste. La Weltanschauung, la « conception du monde », du maître se base sur l’exclusion du fantasme dans ce discours, exclusion qui établit la primauté du principe de réalité sur le savoir. Le discours capitaliste a la fonction de faire exister un tel monde, mais la forclusion de la castration le rend impossible. Une discussion des travaux de l’école de Chicago montre qu’au sein de ce discours, un tel monde ne cesse pas de ne pas s’écrire.

Mots clés : discours du maître, discours capitaliste, Weltanschauung, conception du monde, principe de réalité, forclusion de la castration, école de Chicago, Gary Becker, Luis Rayo

EN QUESTION(S)

Levinas et Lacan face à l’éclipse du christianisme. Guy Félix Duportail

Il s’agit dans ce texte de comprendre les œuvres de Levinas et de Lacan comme autant de tentatives de réponse à la question de l’éclipse du christianisme. Cette dernière expression désigne l’abandon de la morale objective ordinaire durant l’holocauste des juifs. Mots clés : père -meurtre – répétition -shoah – psychanalyse – intellectualité PAS DE PORTE Soir après soir à l’Abri de nuit d’Ajaccio. Stanislas Deliquiet Le quotidien d’un centre d’hébergement d’urgence pour les sans-abri est une expérience exigeante. L’Abri de nuit à Ajaccio est le lieu d’un bord, plus ou moins poreux, entre inclusion et exclusion sociale, même si exclu (du langage) nul ne l’est vraiment.

Mots clefs : Centre d’hébergement d’urgence, sans-abri, exclusion sociale.

EXTÉRIEURS

De l’« ab-sens » : Lacan et Wittgenstein. Élisabeth Rigal-Granel

Lacan a croisé Wittgenstein, mais il n’a connu que le Tractatus logico-philosophicus, et s’est attaché à ses seuls aspects logiques. Ma contribution poursuit un double objectif : déterminer les attendus du débat que Lacan a engagé avec Wittgenstein sur la question du métalangage ; et établir que l’ineffable wittgensteinien n’est pas stricto sensu un ineffable au sens propre et qu’il présente certaines analogies avec l’« ab-sens » dont parle Lacan dans L’étourdit.

Mots clefs : logique, métalangage, ineffable.

UNE PSYCHANALYSE ?

Un lien qui libère. Véronique Sidoit

Parler de liberté n’est pas chose aisée en psychanalyse, mais c’est pourtant une notion qui est au cœur même de la cure analytique. Un sentiment inédit de liberté s’éprouve lorsque celle-ci est menée à son terme. Il est donc nécessaire de la définir : d’une part, la liberté du sujet de l’inconscient découle de liens préalables, celui du transfert et celui de l’association libre, d’autre part elle touche à ce qui constitue le sujet, c’est-à-dire au langage et au rapport à l’Autre.

Mots-clefs : Liberté, transfert, association libre, sujet de l’inconscient, savoir insu, vérité, jouissance, Autre, langage, lalangue.

Y ETU ?

Theatre should be a taxing experience : the greatest achievement of a writer is to produce a character who creates anxiety.

« Le théâtre doit être une expérience éprouvante : la plus grande réussite d’un écrivain est de créer un personnage qui suscite de l’angoisse. »

Howard Barker .« I don’t care if you listen or not », The Guardian, 1er octobre 2012

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PSYCHANALYSE N° 27.

Les déclinaisons de l’objet a 

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  mai 2013

LE SAVOIR DU PSYCHANALYSTE 

K.A.S . Pierre Bruno

L’objet de ce texte est d’extraire les acquis essentiels de l’article de Lacan « Kant avec Sade » et d’en proposer une lecture qui précise et développe les deux versants du fantasme, statique et dynamique.

Mots clefs : fantasme, objet a, sadisme, kant, Sade.

L’interprétation de l’inconscient. Nicolas Guérin 

Le travail du travail du rêve qui consiste, avec Lacan, dans le passage d’une jouissance à l’inconscient peut être considéré comme une interprétation au sens où l’inconscient interprète et où son interprétation est le rêve. Cette thèse réinterroge non seulement ce qu’est le rêve mais aussi ce qu’est une interprétation et comment s’articulent l’interprétation de l’inconscient et l’interprétation psychanalytique.

Mots clefs :  interprétation, rêve, sens, réel.

Hilda Doolittle : écriture sur le mur. Du symptôme hallucinatoire au sinthome artistique. Michael Meyer zum Wischen 

En 1933 l’écrivaine américaine Hilda Doolittle commença son analyse chez Sigmund Freud à Vienne. Cette cure fut orientée par un événement hallucinatoire vécut en 1920 à Corfou. Il s’agissait d’une écriture sur un mur que Freud fît  lire après coup à son analysante comme un poème. Hilda Doolittle pu alors s’identifier à son écriture poétique : son sinthome.  Au centre de cette écriture se trouvait la lettre S qui fonctionna comme nouage de trois registres R, S, I  pour H.D dont nous examinons les cordonnées. Une lettre isolée permit à Hilda Doolittle de lier les dimensions de la religion, de l’art et de la science présentes dans sa famille mais restées sans nouage pour elle jusqu’à sa cure analytique.

Mots clefs: sinthome, traitement de la  psychose, Freud , Hilda Doolittle

LE CAS 

 Un accident de transfert. Michel Mesclier 

Est-il possible qu’un cas de clinique  contredise la théorie psychanalytique ? Cette question suppose que la psychanalyse entre dans la catégorie des disciplines poppériennes soit qu’elle puisse être réfutable. Nous démontrons dans cet article qu’un tel critère ne peut pas être pertinent.  Cependant, le cas d’une enfant épileptique et psychotique met en défaut la théorie du transfert fondé sur l’analyste en place de semblant. Un évènement réel provoqué dans le corps du praticien par un acting-in du sujet conteste énigmatiquement cette thèse.

Mots clefs : réfutation, épistémologie, transfert, semblant d’objet a, holophrase, paranoïa, surface de Boy.

L’ASSOCIATION

La république de Joyce. Ramon Menendez. 

Dans la communauté analytique, la fonction du symptôme dans la construction du lien social a été largement travaillée. Le thème central de l’article cherche à ouvrir la réflexion autour de l’apport fait par Lacan dans la dernière partie de son enseignement en ce qui concerne la fonction du sinthome dans la logique collective. Après un bref parcours historique, nous abordons la dimension du réel qu’ introduit la solution joycienne, son sinthome, et les effets que celle-ci peut avoir dans la construction du collectif. C’est un exemple parmi d’autres de ce que Lacan appelle la République et qu’un jour il voudrait voir surgir dans la communauté analytique.

Mots clés : logique collective, réel, sinthome, République, psychanalystes, Joyce.

« a »

 C’est pas ç’a

LA LETTRE 

D’une écriture infinie : Kerouac en-Joyce the road.Florence Briolais et Michel Mesclier  

L’œuvre de James  Joyce fut pour Jack Kerouac à la fois une référence et une source d’inspiration. Serait‐ce par analogie de structure, du fait d’un nouage subjectif fautif d’un lapsus ?Dans cet article sera montré que ce nouage est comparable à celui que Lacan problématisa chez Joyce : un imaginaire désarrimé de l’articulation Symbolique –Réel.

Mots clefs : lalangue, schizophrénie, double, suppléance, nodologie, épiphanie, sinthome. 

PAS DE PORTE 

 La poupée mise à nu par ses célibataires. Christian Fierens 

La « poupée » tient lieu d’objet de satisfaction procuré par une science toute-puissante. Mais elle est sans voix et sans désir. Le problème serait de pouvoir lui greffer la dimension de la parole et avec elle du désir. Cette greffe n’est pas possible en raison de l’incompatibilité de l’objet cause du désir avec l’objet satisfaisant. Le concept oxymorique des « poupées qui parlent » est introduit par Jacques Nassif par la lecture d’une série de grands écrivains. Il permet de penser la division du sujet à nouveaux frais; il éclaire le processus de l’analyse, l’objet a, la fonction et la fiction du phallus, la place du transfert et de la voix.

Mots clefs : voix, phallus, fantôme, golem, mandragore, transfert, mort. 

« Tombé hors du temps ». Laurence Poutet 

Comment faire face à la perte incommensurable d’un être cher ? Comment retrouver le chemin de la vie sans se  trahir ni trahir l’amour ?  Tombé hors du temps, ce chant d’espoir  funèbre est la réponse singulière de l’écrivain David Grossman.

Mots clefs : deuil, perte, écriture

EXTÉRIEURS 

Un temps si humain. Charles Casanova 

En Sciences humaines, depuis l’antiquité,  le « temps » est questionné :  substance ou relation? « cours du temps », » flèche du temps« , est-ce pareil? Le « temps », signe de notre présence au monde ?

En Sciences physiques, la notion de temps évolue : l’espace et le temps sont absolus avec Newton ; relatifs avec Einstein et la géométrie de l’Espace-Temps ; avec la Mécanique quantique consacrée à l’étude du « monde » sub-atomique, la variable temps devient non nécessaire et dans l’étude de systèmes macroscopiques constitués d’un nombre immense d’éléments sub-atomiques, naît  l’hypothèse de l’émergence d’un « temps thermique », ceci en liaison avec l’irréversibilité des phénomènes naturels. On retrouve, là, l’humain: « phénomène » vivant et conscient de son irréversibilité !

Mots clefs :    temps  et espace absolus ;     espace et temps relatifs ;  variable temps inutile ; mécanique quantique.  temps thermique. 

UNE PSYCHANALYSE ?

Sortir de la débilité…Marie-Jean Sauret 

Est-il possible de faire un autre usage que débile du savoir si le discours analytique n’existe pas ? Sans doute la cure, rectification subjective aidant, permet à l’analysant de « lire entre les lignes » ce qui ne saurait que s’y mi-dire. Encore faut-il que l’analyste se prête au jeu et s’efface derrière le bout de réel avec lequel le sujet a rendez-vous. Fin de la débilité ? Pas encore : il semble qu’il faille encore s’expliquer sur cette découverte et que quelques autres consentent à écouter. Le dispositif de la passe semble prendre acte de ce simple fait : on ne sort pas de la débilité tout seul.

Mots clefs : débilité, discours, Ecole, logique collective, savoir, transmission.

Y ETU ?

Objet a (psych.) : laisse bouche b.

F. Matton et M. Potte-Bonneville, Dictionnerfs, éditions Le bleu du ciel, 2012.

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PSYCHANALYSE N°26

Le savoir du psychanalyste :

logique collective ; de la jouissance à l’inconscient ; fins de cure.     

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  janvier 2013

 LE SAVOIR DU PSYCHANALYSTE 

Malédiction (Sur le fétichisme).Anne Le Bihan.

Le fétichisme, paradigme de la perversion pour Freud, a eu une valeur euristique particulière pour la psychanalyse. Il n’est pas seulement réponse, mais aussi exercice d’une question ; le sujet pervers n’est pas sans symptôme. Le sujet fétichiste se soutient d’un désir « glorieux », c’est-à-dire instable, précaire, toujours menacé de choir. Le rapport de l’écrivain André Gide à la lettre et aux Lettres, étudié par Lacan, est ici à nouveau interrogé ; il apporte une contribution supplémentaire à l’étude du fétichisme.

Mots clefs : perversion, fétichisme, phallus, désir, lettre

Passeurs de mémoires. Véronique Sidoit. 

En quoi l’art peut-il faire mémoire et permettre la réappropriation du passé ? Comment art et mémoire peuvent-ils s’articuler pour faire œuvre de réhumanisation ? Pour traiter ces questions, nous nous appuierons sur l’histoire du Cambodge sous le régime des Khmers rouges. Attaques contre la langue, désubjectivation et démétaphorisation des signifiants, du discours, aliénation à de nouveaux mots sont des leviers utilisés dans le processus de déshumanisation. L’art, la création participent du traitement de l’indicible, de l’irreprésentable, permettant l’expression d’un espace subjectif à même de lutter contre l’effacement et de faire nouage entre mémoire individuelle et mémoire collective.

Mots clefs : Cambodge, réel, déshumanisation, désubjectivation, art, création, mémoire 

THÉORIE 

L’instance de la lettre pour l’Homme aux loups. Éric Bordas. 

Le rêve d’une Wespe et un lapsus, Espe, rapporté par l’Homme aux loups dans sa cure avec S. Freud, nous permettent, en nous référant à l’instance de la lettre de Jacques Lacan, de lire ce lapsus, à partir de l’élision de la lettre W, comme le chiffrage de ce que l’Homme aux loups n’a pu reconnaître dans son analyse.

Mots clefs : lettre, chiffrer, translitérer, Wespe, Wolf Man

Le père et la censure dans un rêve absurde de Freud.De quel père s’agit-il ? Panos Papathéodorou.

Dans toute la Traumdeutung, Freud traite la déformation du rêve en termes d’un Wunsch censuré. L’analyse de ce rêve particulier a le mérite de nous enseigner sur une autre dimension de la censure qui de plus excède sa fonction habituelle. L’apparition du père mort dans le contenu manifeste de ce rêve de Freud est un faux semblant qui a partie lié au défaut du père et à sa jouissance. Il s’agit d’un interdit qui porte sur le savoir et le sexuel.

Mots clefs : censure, père réel, savoir, défaut du père, sexuel, transfert, symptôme, fantasme 

ASSISES II 

La logique collective. Mettre à l’épreuve l’intransmissibilité de la psychanalyse. 

Les « Assises II du savoir du psychanalyste » comportent un volet « Logique collective ». Les organisateurs ont fait le choix de travailler plus particulièrement la question de l’intransmissibilité de la psychanalyse. Nous présentons ici l’interview réalisée avec Annie Castille et Nancy Katan-Barwell, organisatrices de cette partie.

Mots clefs : assises, psychanalyse, logique collective, intransmissibilité, savoir

De la jouissance à l’inconscient. « Un sacré déplacement ». 

Cet axe des Assises II sur « Le savoir du psychanalyste » se propose de déplier les conséquences de cette phrase de Lacan à propos du rêve : « Faire passer la jouissance à l’inconscient, c’est-à-dire à la comptabilité, c’est en effet un sacré déplacement. »

Mots clefs : jouissance, inconscient, rêve, Nom-du-Père, symptôme, sinthome 

Fins de cure. Faut que ça se finisse ! 

Cet axe, qui fait suite au travail sur la passe dans les Assises I, pose qu’il n’y a pas de fin de cure type. S’agit-il de sortie ? De fin ? De conclusion ? Toutes interrogent la question du transfert et ce qu’il en advient à ce qui fait terme de son analyse pour un sujet. Il s’agit pour lui de toucher au réel qui l’inscrit dans sa singularité, dans le monde, et qu’il éprouve au plus intime de sa position.

Mots clefs : sortie, fin, conclusion, transfert, amour, réel, singularité

LA LETTRE 

Le renom de l’artiste. Sylvianne Cordonnier. 

Le roman Madame Bovary nous éclaire, il y suffit de sa première page, sur l’acte de nomination. L’évènement d’écriture nouveau, broderie qui fait nœud sur un parement, est indissociable de l’avènement de l’artiste dans un renouvellement de l’acte dont s’origine le sujet. Le nom sinthomatique fait trace de ce nœud et l’effet d’accueil à l’œuvre doit authentifier un sujet de l’énonciation accordé à ce nom. D’être « pohète », Gustave Flaubert introduit une différence décisive entre la versification et la poésie telle que la définira Jacques Lacan et acquiert ainsi sa renommée.

Mots clefs : écriture, nomination, nom de sinthome

EN QUESTION(S) 

L’époque et le sujet. Regnier Pirard

Nous cherchons à préciser les conditions requises pour pouvoir penser, et non seulement décrire, les changements observables dans la clinique contemporaine. Nous tentons de surmonter la dichotomie de la structure et du phénomène, où le débat entre certains lacaniens semble s’être enlisé. Une conception dialectique du processus de subjectivation est ici mise en œuvre, selon laquelle le sujet est une contradiction productive, qui révèle sa profonde historicité. Nous terminons en esquissant dans cette perspective une lecture des discours selon Lacan.

Mots clefs : sujet, subjectivité, dialectique, discours

L’articulation du singulier et du « vivre ensemble », encore…Entre orthodoxie et hérésie, « l’humus humain ». Marie-Jean Sauret. 

Nous proposons de situer l’article de Régnier Pirard dans le cadre de la discussion sur la dimension historique ou non de l’articulation du sujet et du lien social. Névrosés, psychotiques et pervers contemporains témoignent après tout d’une « adaptation » non pas transhistorique mais prenant appui sur les caractéristiques de notre « vivre ensemble ». Et nous considérons comme « humusien » non pas ceux qui soutiennent cette position, mais ceux qui contribuent au débat autour du réel qui divise les uns et les autres.

Mots clefs : dispositif, hérésie, histoire, lien social, « humus humain » 

UNE PSYCHANALYSE ?

Une psychanalyse est une rencontre d’amour. Sabine Callegari. 

Qu’est-ce qui, du côté de l’analyste, répond à l’amour de transfert qu’engage un analysant dans la cure ? On peut parler de l’amour de l’analyste, mais pas en tant que « contre-transfert », qui serait duel et symétrique au transfert : en tant que lien d’abnégation dont l’écart avec un lien d’ordre amoureux est maintenu par le désir de l’analyste.

Mots clefs : amour de transfert, contre-transfert, amour de l’analyste, désir de l’analyste

 Y ETU ?

L’oubli de la source trouble

toute l’eau de la source.

 Gabriel Okoundji.


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PSYCHANALYSE N°25

Paroles imposées, catharsis, logique collective, décoinçage

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 septembre 2012

LE SAVOIR DU PSYCHANALYSTE 

Le sourire d’une femme. Une cure et sa conclusion. Marie-Claire Terrier.

« Je suis comme mon père, je n’ai pas eu de mère », énoncé que je m’entends dire dans la question que me pose alors l’analyste, « vous n’avez pas eu de mère ? », ce dès la première ou deuxième séance. Aujourd’hui encore je n’en reviens pas de l’avoir dit. Mais où donc ai-je été cherché ça, qui est un pur mensonge et que j’énonce là avec conviction, comme une vérité ? Ce sera le fil rouge tout au long de mon analyse jusqu’à ce que je le coupe. Dire particulièrement énigmatique où, à cet instant, à mon insu, un savoir que je ne sais pas me présentifie l’objet a que je suis dans mon fantasme, une enfant qui n’a pas eu de mère…

Paroles imposées. Bibiana Morales

La leçon du séminaire Le sinthome du mardi 17 février 1976 est dédiée à la question des paroles imposées, à partir de l’enseignement d’une des présentations de malades. Le vendredi 13 février 1976 eut lieu la présentation qui a permis à Lacan de parler des paroles imposées, dans le cadre du séminaire sur Joyce. Il s’agit donc d’un enseignement qui nous apprend la manière dont Lacan se laissait enseigner par le sujet. Lacan met en rapport cette présentation et ce séminaire sur Joyce sous la forme d’une suite logique entre l’une et l’autre…

La catharsis : une pérégrination consentie. Patricia León

La mise en place de la réalité de l »inconscient par le théâtre est une expérience de dévoilement. Le théâtre, au-delà d’un message à déchiffrer, nous fait vivre par une décantation de plans, par un détournement inscrit dans la forme qui lui est propre, la confrontation avec l’énigme de notre désir. Franchir cette limite pour toucher ce point où le désir se révèle comme réponse aux limites que le réel impose au sens, c’est traverser la zone de l’entre deux morts et cerner l’éthique de la psychanalyse.

Mots-clés : Catharsis, dévoilement, entre deux, désir, errance

LA PASSE

Quelques questions à partir de l’expérience de passeur à l’APJL. Bénédicte d’Yvoire

Pour entendre le témoignage du passant, il est nécessaire de mettre en veilleuse sa subjectivité. Mais faire l’expérience d’être passeur eut des effets subjectifs importants. Il ne m’a donc pas été très facile de trouver le registre juste pour en rendre compte. Je m’intéresserai d’abord à la fonction de la passe, ensuite à certains de ses effets…

LA LOGIQUE COLLECTIVE

Logique : du subjectif au collectif ? Élisabeth Rigal  

L’Association de psychanalyse Jacques Lacan a inscrit « la logique collective » comme un des thèmes de ses prochaines assises sur le savoir du psychanalyste. Je pose l’hypothèse en me référant à Jacques Lacan que le collectif n’est pas le groupe. Le groupe a fait l’objet d’un certain nombre de travaux, il est décrit dans ses caractéristiques, son fonctionnement, ses effets. Dans « Le temps logique et l’assertion de certitude anticipée 1 », Jacques Lacan mentionne pour la première fois (1945) l’expression de logique collective. Ce texte montre d’évidence qu’il situe la question du collectif comme primordiale par rapport à celle du groupe…

Logique collective ? Un rapport véridique au réel. Thérèse Charrier

Qu’est-ce qu’on entend par logique collective ? L’utilisation de cette référence à Lacan devenant confuse pour moi, je suis retournée aux textes. L’expression « logique collective » n’apparaît que deux fois dans son œuvre, dans deux textes publiés dans l’après-guerre …

Logique collective et fonctionnement. Brigitte Gallot-Lavallée

Pour traiter la question de la logique collective, je proposerai de reconsidérer encore et encore le fonctionnement et de retenir au titre de fonctionnement les trois inventions actuelles de la psychanalyse – et seulement elles : la cure, la passe et le cartel ; à l’exclusion donc de l’association, des séminaires et autres assemblées. Si je ne retiens que ces trois, c’est à partir de l’interprétation que je fais du fameux énoncé de Lacan, en tant qu’il est prononcé dans le temps de la dissolution, dans le temps de l’acte, dans le temps où il se sépare des personnes, mais où il est prêt à reprendre du fonctionnement avec ceux qui le voudront : « Je n’attends rien des personnes et quelque chose du fonctionnement » ….

Ou l’incomplétude, ou l’inconsistance. Jacques Podlejski

L’histoire du mouvement analytique, depuis l’excommunication de Lacan puis la dissolution de son école, m’a souvent fait penser à l’histoire politique des Balkans et à l’éclatement récent de la Fédération yougoslave, avec ses épurations et ses sécessions, dans une analogie où mobilisation transférentielle et revendication de légitimité doctrinale tiendraient lieu de référence linguistique, ethnique ou religieuse. Mais c’est une nouvelle, tombée au début du mois de décembre 2011, qui m’y a ramené. En effet, un important accord diplomatique a été alors conclu sous l’égide de l’Union européenne entre Serbes et Kosovars. Aux termes de cet accord, il est convenu que des représentants des deux parties géreront ensemble les points de passage entre leurs territoires respectifs. Le point d’achoppement tenait au fait que, la Serbie ne reconnaissant pas le Kosovo comme entité indépendante, elle ne peut pas non plus reconnaître l’existence de frontières avec des territoires qu’elle considère internes à elle-même…..

THÉORIE

Contiguïté des jouissances et travail de l’inconscient. Nicolas Guérin.

Je compte aujourd’hui organiser un ensemble d’interrogations et de remarques centrées sur la première question de l’argument rédigé par Pierre Bruno, Sophie Duportail et Laure Thibaudeau et diffusé sur les listes électroniques de l’APJL le 6 décembre 2011 : y a-t-il une jouissance primaire en deçà de la jouissance phallique ? Je me suis d’emblée demandé d’où venait cette question. Pourquoi est-elle posée (elle n’était pas mentionnée lors de la préparation des Assises I) ? Mais aussi quelles en sont les conséquences cliniques et pratiques ? Je laisserai pour le moment en suspens ce dernier point sur la clinique et la pratique. Cette question donc sur le rapport entre une jouissance phallique et une jouissance non phallique se noue à d’autres problématiques citées dans l’argument susdit, comme celle du rapport de subordination ou la disparité entre le sinthome et le Nom -du- Père, ou encore ….

La douleur dénomme. Jacques Marblé

« Comme l’a dit un philosophe pour lequel j’ai le plus grand respect, la terminologie est le moment poétique de la pensée 1. » Agamben exprime ainsi son admiration pour un philosophe inconnu et pour la terminologie. Ensemble des termes propres à une science, la terminologie est proche de la nomination, qui consiste à donner un nom : elle lui succède en l’occurrence quand il s’agit de faire corpus scientifique. La psychanalyse en tant que nouvelle science a inventé ses noms avant de constituer sa terminologie. La douleur remet particulièrement en question cette articulation, elle l’actualise même au cas par cas lorsque chaque douleur physique oblige le sujet qui en souffre à inventer …

QUESTION(S)

Secousses passionnelles sur les rives du sevrage maternel.Luminitza Claude pierre Tigirlas

Trois lettres de son prénom en plus d’un gène isolé de son sang et voilà qu’Eduardo Kac expose son œuvre – sa progéniture ou son double végétal ? – qu’il appelle Edunia. Le gène de l’artiste américain du bio-art produit une protéine exclusivement dans le réseau veineux d’un pétunia qu’il a subvertie afin d’obtenir une nouvelle forme de vie. Quels mots accompagnent le geste d’Eduardo Kac de concevoir un être qu’on dirait à la fois fleur et humain ? Quelle serait sa portée symbolique ? L’association courante entre la recherche par génie génétique et la monstruosité l’amène à mettre en exergue le fait que certaines séquences du génome humain proviennent de virus ou de bactéries. Conclure que l’homme est transgénique autorise Eduardo Kac à affirmer que « les monstres, c’est nous ». Il prône aussi une poésie hors métaphore….

UNE PSYCHANALYSE ?

Une psychanalyse n’est pas un autoportrait. Isabelle Morin

Une psychanalyse est possible quand l’analysant ne dit plus à son analyste comment il se voit, ni comment il imagine qu’on le voit : « Je suis comme ci » ou « je suis comme ça », ou encore « on dit que je suis comme ceci ou comme cela ». On entend certains analysants annoncer comme programme à leur début « je veux être en accord avec moi-même » ou « je veux être moi ». Pour ne pas les décourager d’emblée, nous nous abstenons parfois de leur faire remarquer qu’être en accord avec « moi-même » est impossible parce que je ne suis pas moi. Le processus analytique nécessite que l’analysant repère qu’il n’est pas celui qu’il croyait être, qu’il n’est pas non plus celui dont il parle parce qu’il y a ….

EXTÉRIEURS

Décoinçage. Pierre Bruno 

Il est peu probable que la psychanalyse soit élastique au point de fournir le scaphandre qui conviendrait pour protéger la civilisation (Kultur dans la langue de Freud) de son malaise. Pour annoncer la couleur, disons plutôt qu’il s’agit de faire de ce malaise un symptôme, non pour l’éradiquer, mais pour s’en saisir comme d’un vecteur capable de transformer le passé, afin d’émanciper le présent de la dette incluse dans le fait d’avoir commencé à parler. Le symptôme, dès lors qu’interprété, ne disparaît pas, il devient insurrectionnel. Pour poser efficacement ce qu’il en est de ce recours, nous pouvons partir de ce que trois ancêtres, tout à fait méconnus, de Freud, Paul de Tarse, François de Sales et Fénelon, ont énoncé sous l’expression « supposition impossible » : que Dieu existe et qu’il me maudisse même (et surtout ?) si je me voue à l’aimer absolument. Ces trois audacieux ne reculent pas devant cette éventualité, moins impossible donc qu’il n’est dit, en répondant par un : je l’aimerais quand même. Ce « quand même » résonne chez Freud dans la seule injonction reconnue par l’analyste s’adressant à l’analysant : « Dites quand même. » Ce « quand même » en effet…

Y ETU ?

« Le jour où je suis né,

ma vie changea du tout au tout. »

David Grossman, Femme fuyant l’annonce.

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